Tuesday, June 27, 2017

rapport et livres Beffa. 13 ans après les évènements de 2004 et 7 ans après les investissements d’avenir dans les sciences et l'innovation contre la désindustrialisation.





le 17 janvier 2005 à l'Elysée, 
Beffa rend son rapport au président Chirac

Introduction

Le véritable problème est celui de la pensée qui conduit à des échecs comme celui de la désindustrialisation de certains pays dits développés comme la France.
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sindustrialisation
Mais les choix de "politique industrielle" de certains dirigeants en France se sont orientés vers d'autres grandeurs que Beffa avait introduite dans son rapport de janv 2005.
Il est donc interessant de regarder dans le retroviseur pour savoir d'où on vient et où on va.

Nous allons voir un peu de chronologie de 2004 à 2017. 

Un bref aperçu de l'état actuel

Initiatives d’excellence (IDEX) fait partie des investissements d’avenir.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Investissements_d%27avenir
Cette partie aurait pour but de créer en France des ensembles d'enseignement supérieur et de recherche qui seraient de rang mondial.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence

Voir les programmes qui "ressemblent" en Allemagne et en Chine, ci-dessous.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence_allemande
https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_985

Les flux d'argent déversés en France sont à mettre en parallèle avec les universités françaises qui sont en faillite en 2017:
http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/la-cour-des-comptes-dresse-la-liste-des-universites-dans-le-rouge.html

Le bilan à mi-parcours a été publié en mars 2016
http://www.strategie.gouv.fr/publications/programme-dinvestissements-davenir-rapport-comite-dexamen-mi-parcours

France

Evènements de 2004

Les réformes de Claude Allègre, ministre du gouvernement Jospin, suscitent des manifestations. La loi d'orientation et de programmation pour la recherche et l'innovation de 2003 (gouvernement Raffarin, Claudie Haigneré étant ministre de la Recherche) provoque aussi des manifestations, ainsi que la création du collectif Sauvons la recherche! (SLR), qui organise ses propres "États généraux de la recherche" et ses contre-propositions de réforme. Celles-ci ont été publiées dans un rapport de près de 100 pages en 2004.

Une pétition des professionnels de la recherche (74 000 signatures) et une pétition (230 000 signatures) sont lancées, tandis que de nombreux directeurs de laboratoires du CNRS démissionnent collectivement, à l'hôtel de ville de Paris. Le mouvement obtient une reconnaissance partielle : notamment, des augmentations substantielles, mais pas à la hauteur des besoins et des attentes selon les partisans de SLR...

Mais surtout y a une prise de conscience que la désindustrialisation et la "désing-recherche" sont liées. Des industriels et des ingénieurs du privé s'intéressent aux mouvements des chercheurs.
Ces liens seront une des partie de certaines actions notamment la création de l'AII.

France 2005

Mise en place de l'éphémère "Agence pour l'innovation (industrielle)" AII
https://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_de_l%27innovation_industrielle
En 2004, le président Chirac lui confie une mission sur la relance de la politique industrielle en France. Voir à la fin de ce billet un commentaire du rapport de JL Beffa de Janvier 2005.
JL Beffa est un célèbre PDG mais aussi le président de l'association amicale des ingénieurs du Corps des mines (X; Mines Paris; et IEP Paris)...

Début 2006, Angela Merkel rejette implicitement les accords franco-allemands des 4 projets validés lors du processus d'Avril 2005 (Gerhard Schroeder, très ami avec Chirac n'a pas été ré-élu en nov 2005).

Discours du président Chirac du 26 Avril 2005

Il faut lire ce discours du président Chirac:
Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la coopération industrielle franco-allemande et sur les apports de la Constitution européenne à la construction de l'Europe, à Paris le 26 avril 2005. 
Circonstances : 50e anniversaire de la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie, à Paris le 26 avril 2005
http://discours.vie-publique.fr/notices/057000090.html


"Ce matin, en conseil des ministres franco-allemand, nous avons adopté les quatre premiers programmes : deux dans les technologies de l'information, deux dans la santé. 
Avec ces programmes, nous nous donnons les moyens d'accomplir des percées technologiques majeures dans des secteurs économiques parmi les plus dynamiques de demain. C'est dire le potentiel d'une telle démarche qui ne fait que commencer.
Le premier de ces programmes concerne le développement d'un moteur innovant de recherche multimédia sur Internet. Il associera des outils nouveaux de traduction automatique et l'accès aux documents audio et vidéo en mettant en oeuvre des technologies très performantes de reconnaissance de la parole et de l'image. 
Et nous allons, en second lieu, porter notre effort sur le secteur en pleine expansion de la téléphonie mobile et des terminaux multimédia
Dans le domaine de la santé, le premier projet concerne la mise au point d'équipements permettant de détecter des maladies à partir de l'analyse des tissus de la peau et de concevoir des traitements personnalisés et des micro-thérapies, notamment pour les cancers de la peau. C'est ce que les spécialistes appellent la "biophotonique". Elle ouvre aussi des perspectives extrêmement prometteuses pour l'industrie des cosmétiques. 
Enfin, nous engageons ensemble un effort de recherche majeur pour les IRM de nouvelle génération, qui permettront notamment d'étudier très finement le fonctionnement du cerveau et d'ouvrir la voie à la compréhension et au traitement des maladies mentales et neurodégénératives."
Voir aussi l'article:
Re-inventing industrial policy in the EU: A Franco-German approach
Jean-Marc Trouille,
West European Politics
Volume 30, 2007 - Issue 3, Pages 502-523 (2007)
http://dx.doi.org/10.1080/01402380701276329

Evènements de 2007 à 2009

Chronologie qui commence en 2004:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvements_universitaires_de_2007-2009_en_France

Puis 2007
Promulgation de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, ces dernières peuvent, par délibération adoptée dans les conditions prévues à l'article L. 711-7 du code de l'éducation, demander à bénéficier des responsabilités et des compétences élargies en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines.
En 2007, mouvements d'étudiants...

Mais début 2009, c'est un mouvement universitaire, initié par les enseignants-chercheurs, et progressivement rejoint par les étudiants (y compris les doctorants), conteste à nouveau les réformes en cours dans le cadre de la loi LRU et de la réforme de la recherche (AERES, ANR, etc.). Les universitaires titulaires critiquent en particulier la modification du décret de 1984 définissant leur statut, qui est un décret d'application de la loi LRU. La masterisation de la formation des enseignants, le projet de décret de « contrat doctoral unique », la baisse des postes aux concours (CAPES et agrégation) et des moyens alloués aux universités (nombre de postes, etc.), et la réforme des CROUS sont aussi critiqués.

26 mars 2009 : Une centaine de chercheurs occupent le siège du CNRS, s'opposant au « démantèlement » du CNRS et exigeant « la restitution des 1 030 postes supprimés cette année dans l'enseignement supérieur et la recherche...
28 mars 2009 : Après cinq semaines d'occupation, le Patio de l'Université de Strasbourg est évacué par les forces de l'ordre.
6 mai 2009 : Sur France Inter, dans un débat avec Isabele This (Sauvons la Recherche), le Président de la CPU Lionel Collet (voir la suite de sa carrière ci-dessous), tout en appelant à "la reprise des cours", rappelle que la CPU demande "un réel report" de la réforme des IUFMs...
Lionel Collet (Professeur des universités-Praticien Hospitalier de Lyon)  est fait chevalier de la Légion d'honneur en 2010. Il est directeur de cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso du 18 mai 2012 au 1er octobre 2013. Depuis cette date, il est conseiller d'État. Depuis 2013, il est nommé administrateur au conseil d'administration de l'Institut Curie. Depuis le 26 mai 2017, il est conseiller spécial de la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn...

France 2010-2017


Loi de finances rectificative du 9 mars 2010: les investissements d’avenir (« PIA ») 

Sous le gouvernement du Président Sarcozy
PIA1.

Après l’élection présidentielle de 2012 d' Hollande
PIA2,
qui ajoute les initiatives Science-Innovation-Territoires-Économie (I-SITE) dont les finacments sous de l'ordre de la moitié des PIA,
et les communautés d’universités et établissements (ComUE).

Ref

https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence



Livres de Beffa

Président d'honneur de la Compagnie Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie, Jean-Louis Beffa est notamment l'auteur de La France doit choisir (Seuil, 2012) et de Les Clés de la puissance (Seuil, 2015). Jean-Louis Beffa est président d'honneur de la Compagnie de Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie. Il a notamment publié au Seuil La France doit choisir (2012) et Les Clés de la puissance (2015)

Se transformer ou mourir, février 2017

http://www.sudoc.fr/199498385
La 4e de couv. indique :
Le monde économique bascule dans son ensemble dans le numérique. Il est temps que cette transformation ne passe plus uniquement par les start-up et autres champions de l'économie digitale. Il y a place désormais pour d'autres acteurs, à commencer par les grands groupes et autres entreprises leaders. Pour eux, il ne s'agit pas de courir derrière les start-up, au risque d'être toujours en retard, mais de marier leurs forces naturelles aux nouveaux outils disponibles. 
Le présent livre explique pourquoi les entreprises leaders doivent de se transformer, et définit clairement les points essentiels d'une telle mutation. À ce titre, il constitue un précieux manuel de la transformation digitale de l'entreprise leader. Au-delà de sa relation avec les start-up, la réponse du champion établi passera avant tout par la plateforme. Cela demandera le respect d'un calendrier rigoureux et un plan de marche qui impliquera la mobilisation de toute l'entreprise. La plateforme sera l'outil le plus à même de renforcer le lien, quelquefois distendu, avec son client. Cette généralisation de la nouvelle économie ne concerne pas que le monde des entreprises. Elle confère au numérique une dimension géopolitique et impérialiste que les États-Unis et la Chine ont déjà comprise, à l'inverse de l'Europe et de la France, bien trop en retrait. 
Esquisser à grands traits une voie européenne et française numérique est donc l'autre enjeu de ce livre particulièrement stimulant.

Les Clés de la puissance, Avril 2015


http://www.sudoc.fr/185187854
La 4e de couv. indique :
Dans cette deuxième phase de la mondialisation qui commence, les rapports de forces internationaux obéissent moins à des règles de confrontation politico-militaire qu'à des règles de compétition économique. Dans ce nouvel environnement, se dégage un partage du monde sino-américain, qui congédie l'idée d'hégémonie si présente au siècle précédent. Le présent livre s'attache à montrer sur quoi se fonde la co-domination mondiale de la Chine et des Etats-Unis, et pour quelles raisons elle n'est pas prête de finir. Tandis que la Chine continue sa progression sans relâche, que les Etats-Unis se recentrent sur leurs forces, les autres grands émergents ne tiennent pas leurs promesses : la Russie s'isole, le Moyen-Orient s'enferre et le continent africain ne voit aucun futur géant éclore. Seule l'Europe pourrait s'imposer comme troisième puissance, mais elle ne cesse de reculer, entraînant la France et l'Allemagne dans un gâchis qu'il est encore possible d'éviter. En explorant avec attention cette ample transformation mondiale en cours, aidé d'une lecture historique originale des équilibres mondiaux et armé d'une solide expertise économique, Jean-Louis Beffa offre ici un essai d'une clarté rare, qui permet de saisir d'un seul regard ce qui est en train de se jouer sur le plan planétaire.
C'est un essai de géopolitique postulant que, dans un monde dominé par le duo américano-chinois, les quatre principaux facteurs de puissance sont :
  • l'industrie exportatrice, 
  • les nouvelles technologies, 
  • l'énergie et 
  • les capacités militaires.

Allemagne 2005

L'initiative régionale et fédérale d'encouragement à l'excellence pour la recherche et la science dans l'enseignement supérieur allemand (Exzellenzinitiative des Bundes und der Länder zur Förderung von Wissenschaft und Forschung an deutschen Hochschulen) est un programme de financement de la recherche scientifique lancé en 2005.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence_allemande


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Un commentaire du rapport Beffa de Janvier 2005.

Le rapport Beffa pour une nouvelle politique industrielle
Nous ne résumerons pas ici le rapport. Il est facilement lisible et complété d’annexes très bien faites qui éclairent les lecteurs mal informés de certains aspects techniques.

La première partie fait un état des lieux, qui est très alarmant. Elle comporte :
– La présentation du décrochage de la France dans les secteurs des industries à forte compétence technologique et des graves conséquences qui en résulteront pour l’avenir
– L’analyse de ce phénomène, tenant au fait que les investissements publics en R/D ne se sont pas redéployés des secteurs traditionnels vers les secteurs émergents et que les investisseurs privés ne s’y intéressent pas compte tenu des risques.
– Le rappel des politiques suivies par les Etats-Unis et le Japon, où la puissance publique, sous des formes différentes, joue un rôle essentiel dans le financement de la R/D dans les hautes technologies.
– L’appel au renouvellement des politiques industrielles par la mise en place de programmes mobilisateurs ciblés.

La deuxième partie définit le cahier des charges de ces programmes, dénommés Programmes Mobilisateurs pour l’Innovation Industrielle (PMII).
– Il faut produire pour un marché potentiel suffisant, viser des cibles à fort potentiel technologique, associer industriels et acteurs publics (y compris au niveau européen) et s’inscrire dans le moyen-long terme.
– Il faut afficher des critères de sélection clairs mais révisables
– Il faut enfin retenir un certain nombre de domaines jugés prioritaires, dont le rapport donne de nombreux exemples.

La troisième partie précise les modalités de mise en œuvre des PMII
– relations contractuelles et financières souhaitables entre les acteurs publics et les agents économiques au sein des PMII.
– Statut, mode de fonctionnement et budget de l’Agence pour l’Innovation Industrielle qui sera chargée de coordonner cette mise en œuvre.

La quatrième partie enfin fait différentes propositions relatives à la mise en compatibilité de cette politique et de ces structures juridiques et administratives nationales avec les différents programmes européens existants ou à prévoir visant à encourager l’innovation, que ce soit dans les entreprises ou dans les établissements de recherche et universités. Une coopération avec l’Allemagne est particulièrement envisagée
On trouve dans cette dernière partie une liste de PMII souhaitables qui fait un peu double-emploi avec la liste des domaines présentée précédemment.

Le rapport est disponible depuis le 18 janvier sur le site de la Documentation Française http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000044/0000.pdf


Commentaires



On peut difficilement dissocier le contenu proprement dit du rapport et la réflexion plus générale concernant la possibilité non seulement pour la France mais aussi pour l’Europe de rattraper son retard dans les sciences et les technologies que nous disons aujourd’hui de souveraineté.

Origine du rapport


Le rapport est né d’une véritable révolte individuelle, celle de Jean-Louis Beffa, patron de Saint Gobain, confronté à la dégradation du rapport de forces entre les fleurons de l’industrie française et leurs concurrents américains et japonais. Cette situation avait été aperçue depuis quelques années et avait fait l’objet de divers rapports et propositions. On avait dénoncé la désindustrialisation croissante de la France. Mais le milieu politique et même le milieu patronal français restaient, dans l’ensemble, indifférents.

L’indifférence des décideurs face à la désindustrialisation réelle ou supposée tenait et tient encore aux convictions que la « pensée unique libérale » a réussi à ancrer dans leur esprit. La première est que la désindustrialisation est le résultat inévitable de la mondialisation et qu’elle ne présente pas que des inconvénients. La concurrence d’entreprises étrangères généralement multinationales produisant à bas coûts dans les pays émergents est globalement une bonne chose pour les économies européennes car si l’emploi en souffre, les entreprises de distribution et la spéculation financière en profitent. La seconde de ces convictions est que, si les entreprises veulent s’adapter, elles doivent trouver en elles-mêmes les ressources de l’amélioration de leur compétitivité. Pour cela, elles doivent réduire leurs coûts de production, notamment par les baisses de salaires et la délocalisation des sites productifs. Les Etats en tous cas ne doivent pas intervenir car étant soumis aux aléas de la vie politique, ils ne peuvent pas concevoir et moins encore appliquer sur le long terme de bonnes politiques économiques. Le « dirigisme » qui avait réussi à la France jusqu’aux Trente Glorieuses n’est plus adapté à la mondialisation.

Il faut s’interroger sur les raisons qui ont fait de cette doctrine de la démission une croyance généralement partagée en Europe, que ce soit à droite ou à gauche. Elles sont complexes.
La première est que certains secteurs industriels ou commerciaux résistent bien à la mondialisation, parce qu’ils disposent d’une véritable « puissance installée ». C’est le cas des services financiers ou de l’agro-alimentaire.
La seconde est bien plus pernicieuse. Elle tient à l’influence de ce qu’il faut bien appeler le formatage des esprits par la propagande américaine, sur le modèle du « faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais ». Les Etats-Unis ont de tous temps consacré des budgets fédéraux considérables, doublés d’appuis politiques et diplomatiques, à leurs industries de pointe, civiles et militaires. Depuis la Seconde guerre mondiale ils ont cependant expliqué au reste du monde, avec le relais du FMI et de la Banque Mondiale, que les Etats ne devaient pas s’occuper de politique industrielle. Seule la France, du temps du Gaullisme n’avait pas accepté ce discours. Elle en recueille les fruits aujourd’hui, avec les quelques partenaires qui avaient accepté de s’associer à elle, dans le nucléaire et l’aérospatial civils et militaires. Mais loin de voir cela, les défenseurs de la non-intervention de l’Etat voudraient aujourd’hui ouvrir à la concurrence internationale, c’est-à-dire à la concurrence américaine, ces bastions de résistance protégés par des restes de politiques régaliennes. On sait que s’il n’y avait pas eu la volonté personnelle de Noël Forgeard, les actionnaires publics et privés de Airbus auraient été à deux doigts de renoncer au lancement de l’A380, estimé non rentable(1).

Si le dogme libéral que les Etats-Unis veulent imposer à l’Europe y trouve de tels appuis malgré son inadéquation, c’est pour une troisième raison, qui relève véritablement du domaine de la politique politicienne. L’intervention de l’Etat, s’appuyant en grande partie sur les services publics et l’administration, a toujours été ressentie par le patronat traditionnel, en France et en Europe, comme inspirée par la doctrine socialiste, voire communiste. Les échecs du communisme soviétique ont servi de prétexte à rejeter tout ce qui de près ou de loin ressemblait à des politiques industrielles et économiques. La défense des services publics menées aujourd’hui par les syndicats ouvriers et la gauche est présentée comme la défense d’avantages acquis ne se justifiant plus. Il faut laisser le champ libre à la spéculation internationale, seule source d’enrichissement. Or il s’agit d’une politique à long terme suicidaire pour les patronats européens. Ils s’imaginent sauver leurs pouvoirs en se faisant racheter par des concurrents étrangers plus puissants ou par des fonds d’investissements . Mais c’est pour très vite découvrir qu’ils sont alors vidés de l’intérieur et ne sont plus que des coquilles creuses. C’est le sort de Péchiney racheté par Alcan. Ce sera celui de Marionnaud et de bien d’autres. C’est aussi le sort de nombreuses anciennes entreprises collectives de l’Europe de l’Est, vendues par appartement.

Mais il faut ajouter une raison peut-être encore plus grave à l’indifférence sinon à l’hostilité des milieux politiques et économiques européens à la mise en place de politiques industrielles publiques. Elle relève vraiment de ce que l’on pourrait appeler la cécité, sinon la bêtise, impardonnable quand elle atteint les décideurs de grandes nations. Beaucoup de ceux-ci n’avaient pas observé la montée des sciences et technologies émergentes. Ils n’avaient pas vu non plus la puissance que celles-ci conféraient aux entreprises et aux Etats qui, comme en Amérique et au Japon, en faisaient la priorité de leurs investissements. Ils n’avaient pas compris enfin que ces investissements ne peuvent pas être laissés à la responsabilité des entreprises, vu les coûts à consentir et la complexité des stratégies à élaborer. Le réveil s’est produit il y a seulement quelques années, sinon quelques mois. Nous pouvons d’ailleurs nous féliciter d’y avoir contribué, en ce qui concerne la France.

Ajoutons que dans ce pays, le mouvement des chercheurs de l’année 2004 a joué un rôle important pour la prise de conscience du risque mortel pris à négliger la recherche dans les sciences émergentes. Nombre de scientifiques enfermés dans les disciplines traditionnelles n’avaient pas perçu la montée des nouvelles sciences. Quand ils se sont réveillés, ils ont constaté la fuite des étudiants et des idées vers les pays non européens où des politiques publiques claires encourageaient la recherche publique, qu’elle soit appliquée ou fondamentale.


Un début de réveil politique


On peut penser que Jean-Louis Beffa, pour ce qui le concerne, a très tôt refusé le discours démobilisateur et s’est convaincu de la fausseté des arguments poussant un grand industriel comme lui à accepter la dégradation de la compétitivité de nos industries. Mais dans le même temps, un début de réveil politique s’est fait jour, en France et dans certains cercles européens. Les statistiques et rapports de l’OCDE et de la Commission européenne ont montré que l’Union est loin de répondre aux objectifs ambitieux dits de Lisbonne. Les industries, faute d’investissements dans les technologies innovantes, sont en train de perdre pied dans les marchés mondiaux porteurs. Les inquiétudes des organisations syndicales et de l’opinion ont fini par remonter jusqu’aux hommes politiques. Face à la faiblesse de la croissance, aux délocalisations et aux achats des PMI de haute technologie par des fonds de pension américains, notamment dans les secteurs stratégiques et de défense, le discours sur l’impuissance de la puissance publique n’apparaît plus tenable.

Une circonstance favorable supplémentaire a joué, pour ce qui concerne la France et l’Allemagne. La volonté personnelle des deux chefs d’Etat a joué un grand rôle. Bien que provenant d’horizons politiques différents, il leur fallait renouveler les programmes politiques de leurs majorités, face à la stagnation de l’économie et de l’emploi. Jacques Chirac, pour ce qui le concerne, est très au fait de l’histoire du Gaullisme et des succès rencontrés jadis par un interventionnisme public bien ciblé. Il n’avait pas au début de son septennat montré beaucoup de volontarisme dans le domaine de la politique industrielle et scientifique. Cependant, plus que d’autres personnalités de la majorité (et même de l’opposition) il a pris récemment conscience qu’il disposait là d’un créneau très favorable lui permettant de se distinguer en proposant au pays de véritables objectifs de redressement, plutôt que de vagues intentions relatives à la réduction de la fracture sociale et aux réformes.

L’histoire dira comment les deux hommes, Jean-Louis Beffa et Jacques Chirac, se sont rencontrés. Mais les preuves sont là. Avant même que le rapport ait été officiellement déposé, le Président, avec sa rapidité habituelle, a pris à son compte les grandes lignes du rapport lors de la présentation des vœux. Aujourd’hui, la mise en place de l’Agence de l’innovation industrielle proposée par le rapport est prévue pour juin 2005 et Jean-Louis Beffa devrait être nommé à sa tête. Ce serait une juste reconnaissance de ses mérites. Aussi bien, avant que l’Agence ne se mette au travail, il est important d’apprécier la stratégie proposée par le rapport Beffa. Nous n’allons pas ici reprendre à notre compte tout l’argumentaire qui y est présenté, pour une raison simple, c’est qu’il nous a parfaitement convaincu et qu’il vaut mieux laisser parler les auteurs du document. En revanche, comme la mise en œuvre du rapport risque de se heurter à de nombreuses difficultés, compte tenu des obstacles et hostilités que rencontre toute grande politique de ce type, il faut essayer d’y réfléchir à l’avance.


Des difficultés pouvant naître de points non traités au fond par le rapport.


Ces difficultés risque de se poser rapidement. Il conviendrait donc de réfléchir dès maintenant aux solutions permettant d’y porter remède. On distinguera les questions de coordination stratégique et les difficultés quotidiennes de gestion.

1. Peut-on faire l’impasse sur la R/D liée aux industries civiles et militaires de défense?
Le rapport a décidé de ne pas en traiter. Il s’agit selon nous d’une grave erreur. Aussi bien au plan national qu’européen, les recherches amont dans les technologies émergentes seront nécessairement « duales ». On en a un exemple éclatant avec le programme européen Galiléo. Accepter que celui-ci soit développé pour des applications uniquement civiles, comme l’ont exigé les Américains qui veulent se réserver le monopole du GPS dans le militaire, équivaut à un « sabordage », selon les termes d’un article de Jean-Pol Poncelet, directeur à l’Agence Spatiale européenne (Le Monde du 11 janvier 2005). Refuser l’approche globale, qui fait la force de l’innovation aux Etats-Unis, risque de créer des doublons ou, plus grave, de laisser s’installer des lacunes. Mais la coordination est difficile, et nécessite des organismes acceptant d’une part de coopérer et d’autre part, de respecter leurs compétences respectives.

2. Peut-on faire l’impasse sur la R/D liée aux programmes des agences européennes existantes, les plus importantes étant l’Agence Spatiale Européenne, le CERN et l’ESO ? Exclure les domaines de l’espace et de la physique des hautes énergies, qui devraient être de plus en plus importants en termes de priorités stratégiques et de budgets, ainsi que de retombées industrielles, serait grave, pour raisons identiques à celles invoquées au paragraphe précédent. Où se placeront par ailleurs, dans cette hypothèse, les programmes financés par les agences nationales, comme le CNES.

3. Comment assurer des relations efficaces entre la recherche industrielle et la recherche publique fondamentale et appliquée ? Le rapport n’esquive pas cette question, qui constitue même un des points essentiels de ses propositions. Mais il n’est pas certain, à la vue notamment des réactions sceptiques du milieu scientifique, que les solutions proposées soient suffisantes. La recherche publique a des implications constantes en matière de R/D industrielle. C’est ce que montre par exemple les développements du pôle Micro et Nanotechnologies à Grenoble ou du Génopole à Evry. La question de la coordination entre recherche scientifique conduite dans les organismes de recherche et les universités et la recherche industrielle est posée en permanence et sans grands résultats depuis les années soixante. Différentes formules ont été envisagées. Aujourd’hui, on encourage la formule des pôles géographiques d’excellence ou de compétitivité, associant la recherche publique et les entreprises. C’est notamment ce que propose le rapport. Mais il semble que cette formule intéresse plus particulièrement les PME/PMI. Elle ne résout pas nécessairement la question de la recherche dans les grandes et très grandes entreprises. Celles-ci, d’une part, les grands laboratoires publics d’autre part, trouveront-ils moyen de coopérer à travers le système proposé des PMII, dont le budget ne sera alors pas suffisant ?

4. En dehors de problèmes de coordination au sein des pôles de compétitivité se posera la question de la coordination entre les agences en cours de création, l’Agence pour l’innovation industrielle et l’Agence Nationale de la recherche prévue par le ministère de la recherche. Un autre problème de coordination apparaîtra, quand il s’agira de réfléchir aux besoins stratégiques et de proposer (ou réviser) les orientations à long terme. L’Agence pour l’innovation industrielle ne pourra pas faire cavalier seul par rapport au Haut-conseil pour la science, également envisagé actuellement en France et à l’European Research Council, demandé par tous les chercheurs et par les responsables des PCRD à Bruxelles.

5. Evoquons enfin pour mémoire la question des relations avec les organismes de recherche et de développement dépendant de l’Union européenne. Elle est évoquée dans le rapport, mais cela semble fait plus par acquis de conscience que pour satisfaire à un besoin stratégique profond. Il s’agira en fait d’un point essentiel si on veut que le renouveau des industries à hautes technologies en France s’inscrive dans l’indispensable renforcement de la souveraineté scientifique et technologique de l’Europe. Nous n’en discuterons pas ici mais il faut garder en tête l’importance d’apporter très vite des perspectives à nos partenaires européens et à l’Union dans ce domaine.


Des difficultés pratiques à prévoir


1. La continuité de l’action. Comment un organisme rattaché au Premier ministre pourra-t-il disposer de l’autonomie nécessaire pour survivre aux changements de chefs de gouvernements ou aux conflits éventuels avec le président de la République. Ne faudrait-il pas lui donner plus d’indépendance ? Mais de quelle façon ? Une Haute Autorité ?

2. Les relations avec les organismes existants : l’ANVAR-CGPME, le ministère de l’industrie, celui de l’éducation-recherche, certains ministères techniques. Il faudra à la fois respecter les compétences de chacun et veiller à leur mise en synergie. En cas de conflit, qui arbitrera ? Le Premier ministre ?

3. La continuité ou, pour mieux faire, la croissance régulière des ressources budgétaires ? Qui aura le dernier mot en ce domaine ? Le ministre du budget ?

4. Les relations immédiates avec les autres pays européens, par exemple avec l’Allemagne. Sous la tutelle de qui seront-elles placées ? Le ministère des affaires étrangères ?


Conclusion intérimaire


Le rapport Beffa et les décisions qui seront prises en application de ses propositions dans les mois suivants constituent un bon pas en avant. Il ne faudrait surtout pas enterrer cette nouvelle démarche sous les difficultés administratives et les conflits d’intérêts personnels et économiques. Mais il ne faudrait pas se satisfaire de ce premier pas. Le problème de la construction de la souveraineté scientifique et technologique de l’Europe reste entier. C’est principalement dans ce cadre que pourront apparaître des industries nationales plus compétitives, maîtrisant les technologies de pointe. Etablir de nouvelles propositions dans cette perspective, sur un plan et dans une perspective véritablement commune à l’Europe des 25, devrait constituer la priorité de l’année 2005 et du futur septennat.


Ce qui manque au rapport ?


Nous dirions que manque un grand souffle épique. L’expérience récente du double succès européen, avec l’atterrissage sur Titan de la sonde Huygens et le lancement du premier Airbus A380 montre que les médias et sans doute aussi les populations dans leur ensemble sont et seront très sensibles à tout ce que l’Europe pourra faire de prestigieux et de noble dans les domaines de la recherche scientifique et de la technologie. Le président de la République l’a d’ailleurs semble-t-il bien compris en adoptant des propos d’une ambition inhabituelle lors de son allocution prononcée à Toulouse le 18 janvier.

Mais le scepticisme, la morosité reviendront très vite. L’opinion rangera la nouvelle politique parmi les multiples promesses faites et non tenues. Même si des experts ou responsables de projets se donnent beaucoup de mal pour avancer, nul n’en saura rien. Le champ sera de nouveau libre pour les critiques, c’est-à-dire aussi pour ceux qui veulent faire le lit des impérialismes économiques et industriels extra-européens.

L’équation économique et politique à résoudre est simple. Pour relancer l’innovation industrielle, scientifique, culturelle, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Il faut aussi beaucoup d’enthousiasme. L’un et l’autre ne viendront pas de nulle part, mais seulement des sacrifices que les citoyens et les entreprises accepteront de consentir, en prélevant sur leurs consommations matérielles et leurs ressources intellectuelles et affectives.
Pour cela, il faut qu’ils puissent se voir proposer de grands objectifs, où ils auront un investissement personnel à faire et même des rôles concrets de plus en plus grands à jouer.

Ces grands objectifs doivent être visualisables et identifiables. Il faut, comme le font les grands programmes spatiaux, qu’ils s’accompagnent d’un immense appel à l’imaginaire. Il faut aussi qu’ils s’accompagnent de débats et fassent appel aux apports de chacun, notamment des populations scolaires et universitaires.

Ceci même et à plus forte raison si les thèmes paraissent très techniques. On voit comment les biocarburants, les énergies renouvelables ou la robotique intelligente sont devenus dans d’autres pays de véritables objectifs de civilisation, provoquant une implication générale de nombreux citoyens, notamment de jeunes. Il faudra faire la même chose en France. Nous en reparlerons.


Note


(1) On présente systématiquement le prétendu échec du Plan Calcul (1967-1973) comme preuve de l’incapacité de l’Etat à définir des politiques viables dans les hautes technologies. Mais c’est oublier que le Plan Calcul aurait réussi si les gouvernements ayant succédé à ceux de De Gaulle et de Georges Pompidou n’avait pas sciemment cédé à la pression du patronat français traditionnel qui refusait toute innovation technologique. L’entreprise européenne Unidata qui était le produit du Plan Calcul, si elle n’avait pas été sabordée par le retrait de la France, serait sans doute aujourd’hui l’équivalent d’Airbus.

Friday, June 16, 2017

all USB connectors and USB-C thunderbolt 3 USB 3.1 gen2; speed.






Examples

MacBookPro 2016 2017 

Two or four Thunderbolt 3 (USB‑C) ports
with support for:
  • Charging
  • DisplayPort
  • Thunderbolt (up to 40 Gbps). Thunderbolt is a protocol.
  • USB 3.1 Gen 2, up to 10 Gbps (10 Gbit/s, it's exactly the max of USB 3.1 Gen 2). USB is a protocol.
USB-C is an electronic connectors not a protocol.

Sandisk 32/64Gb

https://www.amazon.fr/Type-C-Connectique-Sandisk-Derni%C3%A8re-Version/product-reviews/B01EZ0X3L8/ref=dpx_acr_txt?showViewpoints=1

Speed


Thursday, June 15, 2017

package MathWorld and path in mathematica; Get::noopen: Cannot open MathWorld

Get::noopen says that the file could not be opened, not that there was a problem with the code inside.

Is the MathWorld folder in one of the directories listed by evaluating $Path?
method of specifying the package is to provide the full path to it.
- Type in Mathematica:
Get[]

and
  1.  place the cursor between the square brackets, 
  2.  go to Insert menu, File Path, 
  3.  in the directory dialog box that opens, trace down to the .m file and Open it (that puts the path into the Get),
  4.  evaluate the Get that now has the file path.

Ref

http://community.wolfram.com/groups/-/m/t/150604

APS-C and full frame conversion and comparison; crop factor, focal length, depth of view, depth of field; Canon, Nikon, Sony.



Advanced Photo System type-C (APS-C) is an image sensor format approximately equivalent in size to the Advanced Photo System "classic" negatives of "25.1×16.7 mm". All APS-C variants are considerably smaller than 35 mm standard film which measures 36×24 mm (Full Frame FF sensor)
Sensor sizes range from 20.7×13.8 mm to 28.7×19.1 mm, but are typically about 22.5×15 mm for Canon for example (crop factor=1.62× ).
For the Sony APS HD CMOS sensor of Alpha series (from alpha 100 to alpha 77 (II)), it's 23.5 x 15.6mm (also for Nikon); sensor surface=366.60mm^2, and Sensor Pixel Area = 15.28µm^2 (for 24.3MPix), and crop factor=1.55×. Then a 35mm (24x36mm)-->"35*1.55=54.25mm". 

A crop factor (sometimes referred to as a "focal length multiplier", even though the actual focal length is the same) can be used to calculate the field of view in 35 mm terms from the actual focal length.

Many companies manufacture a range of lenses "optimised" for APS-C sensors. For full frame lenses, the sensor is only in the center.
The full-frame lens is bigger, heavier (than APS lens), and uses a larger filter because it has to cover a larger sensor area.

Moreover they are also some differents designs Sony A-Mount and Sony E-Mount camera .
Shortening the flange focal distance to 18 mm (E-Mount) compared with earlier offerings from Sony which used 44.5 mm (A-mount).
Sony also produces E-mount lenses designated as "FE", which cover the entire full-frame image circle.

optics

basis : the 5 parts


The start is the pinhole camera
No lens, only a pin-hole.
The main problem is the quantity of light due to the fact of the very small surface of the hole.
The second problem is an "infinite" depth of view" (all parts are not blurred).
Then with a lens, we have a large "hole" (diaphragm).
With the aperture, we control the depth of view".

The only problem with FF-->APS-C is the size of the sensor and then the angle of view.


Angle of view from lenses at the same focal length



The angle of view (AOV) describes the angular extent of a given scene that is imaged by a camera (~ also this more general term field of view).
See also


 Aperture




The f-number

The f-number f/#  of an optical system such as a camera lens is the ratio of 2 lengths, of the system's focal length to the diameter of the entrance pupil (effective aperture). 
A 100 mm focal length f/4 lens has an entrance pupil diameter of 25 mm. 
The standard f-stop scale which is an approximately geometric sequence of numbers that corresponds to the sequence of the powers of the square root of 2:   
 f/1.4, f/2, f/2.8, f/4, f/5.6, f/8, f/11, f/16, f/22, f/32, f/45, f/64,...
f/√2, f/(√2)^2, f/(√2)^3, ...  (2.8 is 2.828...)
Then the surface increase of 2 when you change the aperture f-number, for example 2.8->4.

When you change a full frame to an APS-C, the aperture of a lens never changes.... Only the focal length and then the f-number. It lets the same amount of light in no matter what. A 2.8 is a 2.8 ever and ever. If you have a smaller sensor doesn't use the whole image coming in.

Fundamentally, f/# is the ratio of the effective focal length (EFL) of the lens to the effective aperture diameter (DEP).

Diameter of the "first entrance lens" or pupils

Moreover remember that the diameter of the first entrance lens  (or single lens "diaphragm-like") is very important for the quantity of light and also for the resolution.


and with some effects:






This figure  shows the difference in spot sizes between a lens set at f/2.8 and a lens set at f/8.

As pixels continue to reduce in size, this effect becomes more of an issue and eventually is very difficult to overcome. The Airy Disk, or minimum spot size can be calculated using the f/# and wavelength in μm:
You can see the interest of the dimensionless number f/# .
The lambda is the wavelength of light (blue ~ 0.4µm).

f/#Airy Disk Diameter (μm) at a Wavelength of 520nm
1.41.78
22.54
2.83.55
45.08
5.67.11
810.15
1113.96
1620.30

The definition of f/# (see below) is limited in the sense that it is defined at an infinite working distance where the magnification is effectively zero. Most often, the object is located much closer to the lens than an infinite distance away, and f/# is more accurately represented by the working (f/#)w:


In the equation for working f/#,   m represents the paraxial magnification (ratio of image to object height) of the objective. Note that as m approaches zero (as the object approaches infinity), the working f/# is equal to the infinite f/#. It is especially important to keep (working f/#w) in mind at smaller working distances. For example, an f/2.8, 25mm focal length lens operating with a magnification of -0.5X will have an effective working f/# of f/4.2. This impacts image quality as well as the lens’s ability to collect light.

f/# and Numerical Aperture (NA)

It can often be easier to talk about overall light throughput in a lens in terms of the cone angle, or the numerical aperture (NA), of a lens. 
The numerical aperture of a lens is defined as the sine of the marginal ray angle in image space, and is shown in:




Visual Representation of f/#, both for a Simple Lens (a) and a Real-World System (b)


It is important to remember that f/# and NA are inversely related:



Also we must consider some aberrations for example:


Optical Depth of Field

Optical Depth of Field (DoF) Calculator for Cameras

depth of field (DOF), also called focus range or effective focus range is the distance between the nearest and farthest objects in a scene that appear "acceptably sharp" in an image. 
In fact focus is possible at only one distance and  at that distance, a point ("subpixel") object will produce a point image.
The diameter of the circle increases with distance from the point of focus; the largest circle that is indistinguishable from a point is known  as the circle of confusion

Doubling the f-number will approximately double the depth of field...

others

An other point is the quality of lenses:
lens transmittances of 60%–90% are typical. 
and many many bad effects as tilt, flare...

Macro

You’re admiring your work when you see an insect on the flower which you hadn’t noticed before.You have a macro lens and now you want to fill the photo with that insect.At this point, the APS-C camera might be more helpful because you won’t have to stand as close to the insect to fill the frame. While that might be nice for people who don’t like getting close to critters, being at a greater distance also means you’re less likely to scare the insect. And in macro photography, trying not to frighten off your skittish subjects is a big deal and you’ll welcome the advantage you have from being able to work at a greater distance.

But that’s not all.

Because getting enough depth of field is notoriously difficult in macro photography, you’ll probably also appreciate the slight increase in depth of field that comes from photographing your insect at the greater distance.
http://www.mdavid.com.au/photography/apscversusfullframe.shtml


Depth of field increases as you move further away from your subject. 
This can give an APS-C camera an advantage when taking macro photos 
because they fill the frame with your subject from a greater distance. 
Note that this graphic is not drawn precisely to scale.



Monday, June 12, 2017

future of the Sony (Minolta) A-mount? dead or not? And Adaptators A-Mount to E-mount. GPS built-in?


The A-mount is no longer seen as a viable platform by Sony executives, because it now represents  a small % of all interchangeable camera lens sales.
2016:
http://www.mirrorlessrumors.com/2016-companies-market-shares-japan/
2015:
http://www.diyphotography.net/japan-has-spoken-canon-dominates-sony-dethrones-olympus-and-nikon-stutters/

http://www.sonyalpharumors.com/sony-a68-and-a-mount-in-general-will-no-more-be-sold-in-taiwan/
So after Australia and New Zealand also Taiwan will likely no more sell any A-mount stuff.
I guess Soy’s startegy now is to sell their new A-mount cameras only in “DSLR-friendly” markets.

2017 may
https://www.dpreview.com/news/6936602216/sony-still-third-globally-but-bullish-about-2017
Sony is the world's leading mirrorless camera brand but remains third for ILCs overall, it said in a presentation to investors (imaging product  https://www.sony.net/SonyInfo/IR/calendar/presen/irday/irday2017/IPS_E.pdf).



But
https://photorumors.com/2016/03/03/sony-still-comitted-to-the-a-mount/

Lists of all products


https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Sony_%CE%B1_cameras
https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_A-mount_system
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Sony_A-mount_lenses
The last A-mount zooms (2015-04)
Sony α Zeiss Vario-Sonnar T* 24-70mm f/2.8 ZA SSM II
Sony α 70-300mm f/4.5-5.6 G SSM II

Example of oldies : https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_AF_Macro_100mm_f/2.8

In french https://fr.wikipedia.org/wiki/Sony_Alpha
for a sheet of all alpha A-mount:
https://en.wikipedia.org/wiki/Sony_%CE%B1330

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Sony_E-mount_cameras
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Sony_E-mount_lenses
https://en.wikipedia.org/wiki/Sony_E-mount



Now (june 2017), only 3 Sony A-Mount cameras:

Comparison Alpha68 and 58:
http://cameradecision.com/compare/Sony-SLT-A58-vs-Sony-SLT-A68

Reasons to choose Sony SLT-A57 (2012-04) over Sony SLT-A58 (2013-04)

Reasons to choose Sony SLT-A58 over Sony SLT-A57
4 advantages
 Max Sensor Resolution 20 MP vs 16 MP --> 25% more pixels
 Battery Life 690 shotsvs 550 shots  --> 140 more frames with a single charge
 Weight 492 g vs 618 g -->126 g lighter

Reasons to choose Sony SLT-A57 over Sony SLT-A58
6 advantages
 LCD Screen Size 3″vs 2.7″ --> 0.3 inches larger display
 LCD Screen Resolution 921k dots vs 460k dots --> 100% higher resolution screen
 Continuous Shooting 12.0fps vs 8.0fps --> 4 fps faster
 Color Depth 23.4 vs 23.3 --> higher color depth
 Dynamic Range 13.0 vs 12.5 --> higher dynamic range
 Low Light ISO 785 vs 753 -->  better High ISO performance?

A57 is better than A58 
In french: http://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/sony-alpha-58-p15629/test.html

More

https://en.wikipedia.org/wiki/Sony_Alpha_57
http://cameradecision.com/compare/Sony-SLT-A58-vs-Sony-SLT-A57

Alpha 55


 200€ https://www.rebuy.fr/i,7673396/photos-et-cameras/sony-alpha-55-noir
(GPS built-in).
  • Slow (50 seconds) buffer clear time (RAW-mode)
  • Little control over high ISO noise reduction in JPEG mode ('auto' or 'weak')
  • Visible loss of detail at anything over ISO 400 in JPEG mode (noise reduction too strong --> blur)

Reasons to choose Sony SLT-A68 (2016-03) over Sony SLT-A65 (2011-03)

6 advantages
Flash Coverage 12.0mvs 10.0m--> 2m longer range
 Color Depth 24.1vs 23.4--> higher color depth
 Dynamic Range 13.5vs 12.6--> higher dynamic range
 Top LCD Yes vs No--> Help viewing and changing settings easily
 Smartphone_remote control Yes vs No--> Remote control your camera with a smartphone
 AF Micro Adjustment (Fine Tune) Yes vs No--> Adjust each lens for more accurate focusing
http://www.the-digital-picture.com/Photography-Tips/af-microadjustment-tips.aspx

Reasons to choose Sony SLT-A65 over Sony SLT-A68

5 advantages
 GPS BuiltIn vs None track your location
 LCD Screen Size 3″vs 2.7″ 0.3 inches larger display
 LCD Screen Resolution 921k dots vs 461k dots 99% higher resolution screen
 Continuous Shooting 10.0fps vs 8.0fps 2 fps faster
 Viewfinder Resolution 2359k dot vs 1440k dot 63% higher resolution
A68 plastic mount!!!

http://cameradecision.com/compare/Sony-SLT-A68-vs-Sony-SLT-A65

Moreover the alpha 65 is very near of the alpha 77 (I):
  • Comparatively strong noise reduction at medium and high ISO settings
  • Very noisy raw files at high ISO settings
  • Little control over high ISO noise reduction in JPEG mode ('auto' or 'weak')
  • Limited control in 10 fps continuous shooting and movie modes
  • No live view in 8 or 10 fps continuous shooting modes makes accurate panning very difficult
  • Slightly 'laggy' menu system and UI

Converting the A65 images in Adobe Camera RAW 6.6 Beta confirms the suspicion that we had when examining the camera's JPEG output. The A65's 24MP sensor is producing significantly higher noise levels than the competition, especially towards the top of its ISO sensitivity range. At ISO 1600/3200 and above the disparity is obvious, and becomes more so as the ISO sensitivity increases.
https://www.dpreview.com/reviews/sonyslta65/20
Then bad for low light shooters!
Idem for A77
https://www.dpreview.com/reviews/sonyslta77/

Alpha 77

Jpeg are bad after 3200 ISO.
review in french:

Alpha 99 (2013-04)

https://en.wikipedia.org/wiki/Sony_Alpha_99
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sony_Alpha_99

SLT-A99V with GPS.
SLT-A99 without GPS (depending on country).

Absence de sortie USB 3, Absence de Wi-Fi ; pas de flash intégré...
c'était le nouveau reflex à capteur 24x36 mm (full frame) de Sony 24 Mpx (loin du 36 Mpx du D800). Corollaire : la densité de pixels reste sous les 3 Mpx/cm², ce qui laisse présager une excellente gestion de la sensibilité.

The adapter is good quality, fits tightly to the body and the lens, and when attached you don't notice it at all. The only issue is the auto focus speed.
It's not slow, it's ridiculously slow. 

Avec un objectif sur lequel on ne peut pas régler le diaphragme mécaniquement, cet adaptateur est inutilisable car il n'y a pas de communication avec le boitier qui affiche F-- de ce fait le diaphragme reste fermé au maximum (F22) et on ne peut pas faire de photo en manuel. 

E-Mount

Shortening the flange focal distance to 18 mm compared with earlier offerings from Sony which used 44.5 mm.
the flange focal distance (FFD):



https://en.wikipedia.org/wiki/Sony_E-mount


GPS built-in

Why GPS in cameras is going away?
https://www.dpreview.com/forums/thread/3866556