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Tuesday, June 27, 2017

rapport et livres Beffa. 13 ans après les évènements de 2004 et 7 ans après les investissements d’avenir dans les sciences et l'innovation contre la désindustrialisation.





le 17 janvier 2005 à l'Elysée, 
Beffa rend son rapport au président Chirac

Introduction

Le véritable problème est celui de la pensée qui conduit à des échecs comme celui de la désindustrialisation de certains pays dits développés comme la France.
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sindustrialisation
Mais les choix de "politique industrielle" de certains dirigeants en France se sont orientés vers d'autres grandeurs que Beffa avait introduite dans son rapport de janv 2005.
Il est donc interessant de regarder dans le retroviseur pour savoir d'où on vient et où on va.

Nous allons voir un peu de chronologie de 2004 à 2017. 

Un bref aperçu de l'état actuel

Initiatives d’excellence (IDEX) fait partie des investissements d’avenir.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Investissements_d%27avenir
Cette partie aurait pour but de créer en France des ensembles d'enseignement supérieur et de recherche qui seraient de rang mondial.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence

Voir les programmes qui "ressemblent" en Allemagne et en Chine, ci-dessous.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence_allemande
https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_985

Les flux d'argent déversés en France sont à mettre en parallèle avec les universités françaises qui sont en faillite en 2017:
http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/la-cour-des-comptes-dresse-la-liste-des-universites-dans-le-rouge.html

Le bilan à mi-parcours a été publié en mars 2016
http://www.strategie.gouv.fr/publications/programme-dinvestissements-davenir-rapport-comite-dexamen-mi-parcours

France

Evènements de 2004

Les réformes de Claude Allègre, ministre du gouvernement Jospin, suscitent des manifestations. La loi d'orientation et de programmation pour la recherche et l'innovation de 2003 (gouvernement Raffarin, Claudie Haigneré étant ministre de la Recherche) provoque aussi des manifestations, ainsi que la création du collectif Sauvons la recherche! (SLR), qui organise ses propres "États généraux de la recherche" et ses contre-propositions de réforme. Celles-ci ont été publiées dans un rapport de près de 100 pages en 2004.

Une pétition des professionnels de la recherche (74 000 signatures) et une pétition (230 000 signatures) sont lancées, tandis que de nombreux directeurs de laboratoires du CNRS démissionnent collectivement, à l'hôtel de ville de Paris. Le mouvement obtient une reconnaissance partielle : notamment, des augmentations substantielles, mais pas à la hauteur des besoins et des attentes selon les partisans de SLR...

Mais surtout y a une prise de conscience que la désindustrialisation et la "désing-recherche" sont liées. Des industriels et des ingénieurs du privé s'intéressent aux mouvements des chercheurs.
Ces liens seront une des partie de certaines actions notamment la création de l'AII.

France 2005

Mise en place de l'éphémère "Agence pour l'innovation (industrielle)" AII
https://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_de_l%27innovation_industrielle
En 2004, le président Chirac lui confie une mission sur la relance de la politique industrielle en France. Voir à la fin de ce billet un commentaire du rapport de JL Beffa de Janvier 2005.
JL Beffa est un célèbre PDG mais aussi le président de l'association amicale des ingénieurs du Corps des mines (X; Mines Paris; et IEP Paris)...

Début 2006, Angela Merkel rejette implicitement les accords franco-allemands des 4 projets validés lors du processus d'Avril 2005 (Gerhard Schroeder, très ami avec Chirac n'a pas été ré-élu en nov 2005).

Discours du président Chirac du 26 Avril 2005

Il faut lire ce discours du président Chirac:
Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la coopération industrielle franco-allemande et sur les apports de la Constitution européenne à la construction de l'Europe, à Paris le 26 avril 2005. 
Circonstances : 50e anniversaire de la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie, à Paris le 26 avril 2005
http://discours.vie-publique.fr/notices/057000090.html


"Ce matin, en conseil des ministres franco-allemand, nous avons adopté les quatre premiers programmes : deux dans les technologies de l'information, deux dans la santé. 
Avec ces programmes, nous nous donnons les moyens d'accomplir des percées technologiques majeures dans des secteurs économiques parmi les plus dynamiques de demain. C'est dire le potentiel d'une telle démarche qui ne fait que commencer.
Le premier de ces programmes concerne le développement d'un moteur innovant de recherche multimédia sur Internet. Il associera des outils nouveaux de traduction automatique et l'accès aux documents audio et vidéo en mettant en oeuvre des technologies très performantes de reconnaissance de la parole et de l'image. 
Et nous allons, en second lieu, porter notre effort sur le secteur en pleine expansion de la téléphonie mobile et des terminaux multimédia
Dans le domaine de la santé, le premier projet concerne la mise au point d'équipements permettant de détecter des maladies à partir de l'analyse des tissus de la peau et de concevoir des traitements personnalisés et des micro-thérapies, notamment pour les cancers de la peau. C'est ce que les spécialistes appellent la "biophotonique". Elle ouvre aussi des perspectives extrêmement prometteuses pour l'industrie des cosmétiques. 
Enfin, nous engageons ensemble un effort de recherche majeur pour les IRM de nouvelle génération, qui permettront notamment d'étudier très finement le fonctionnement du cerveau et d'ouvrir la voie à la compréhension et au traitement des maladies mentales et neurodégénératives."
Voir aussi l'article:
Re-inventing industrial policy in the EU: A Franco-German approach
Jean-Marc Trouille,
West European Politics
Volume 30, 2007 - Issue 3, Pages 502-523 (2007)
http://dx.doi.org/10.1080/01402380701276329

Evènements de 2007 à 2009

Chronologie qui commence en 2004:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvements_universitaires_de_2007-2009_en_France

Puis 2007
Promulgation de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, ces dernières peuvent, par délibération adoptée dans les conditions prévues à l'article L. 711-7 du code de l'éducation, demander à bénéficier des responsabilités et des compétences élargies en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines.
En 2007, mouvements d'étudiants...

Mais début 2009, c'est un mouvement universitaire, initié par les enseignants-chercheurs, et progressivement rejoint par les étudiants (y compris les doctorants), conteste à nouveau les réformes en cours dans le cadre de la loi LRU et de la réforme de la recherche (AERES, ANR, etc.). Les universitaires titulaires critiquent en particulier la modification du décret de 1984 définissant leur statut, qui est un décret d'application de la loi LRU. La masterisation de la formation des enseignants, le projet de décret de « contrat doctoral unique », la baisse des postes aux concours (CAPES et agrégation) et des moyens alloués aux universités (nombre de postes, etc.), et la réforme des CROUS sont aussi critiqués.

26 mars 2009 : Une centaine de chercheurs occupent le siège du CNRS, s'opposant au « démantèlement » du CNRS et exigeant « la restitution des 1 030 postes supprimés cette année dans l'enseignement supérieur et la recherche...
28 mars 2009 : Après cinq semaines d'occupation, le Patio de l'Université de Strasbourg est évacué par les forces de l'ordre.
6 mai 2009 : Sur France Inter, dans un débat avec Isabele This (Sauvons la Recherche), le Président de la CPU Lionel Collet (voir la suite de sa carrière ci-dessous), tout en appelant à "la reprise des cours", rappelle que la CPU demande "un réel report" de la réforme des IUFMs...
Lionel Collet (Professeur des universités-Praticien Hospitalier de Lyon)  est fait chevalier de la Légion d'honneur en 2010. Il est directeur de cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso du 18 mai 2012 au 1er octobre 2013. Depuis cette date, il est conseiller d'État. Depuis 2013, il est nommé administrateur au conseil d'administration de l'Institut Curie. Depuis le 26 mai 2017, il est conseiller spécial de la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn...

France 2010-2017


Loi de finances rectificative du 9 mars 2010: les investissements d’avenir (« PIA ») 

Sous le gouvernement du Président Sarcozy
PIA1.

Après l’élection présidentielle de 2012 d' Hollande
PIA2,
qui ajoute les initiatives Science-Innovation-Territoires-Économie (I-SITE) dont les finacments sous de l'ordre de la moitié des PIA,
et les communautés d’universités et établissements (ComUE).

Ref

https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence



Livres de Beffa

Président d'honneur de la Compagnie Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie, Jean-Louis Beffa est notamment l'auteur de La France doit choisir (Seuil, 2012) et de Les Clés de la puissance (Seuil, 2015). Jean-Louis Beffa est président d'honneur de la Compagnie de Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie. Il a notamment publié au Seuil La France doit choisir (2012) et Les Clés de la puissance (2015)

Se transformer ou mourir, février 2017

http://www.sudoc.fr/199498385
La 4e de couv. indique :
Le monde économique bascule dans son ensemble dans le numérique. Il est temps que cette transformation ne passe plus uniquement par les start-up et autres champions de l'économie digitale. Il y a place désormais pour d'autres acteurs, à commencer par les grands groupes et autres entreprises leaders. Pour eux, il ne s'agit pas de courir derrière les start-up, au risque d'être toujours en retard, mais de marier leurs forces naturelles aux nouveaux outils disponibles. 
Le présent livre explique pourquoi les entreprises leaders doivent de se transformer, et définit clairement les points essentiels d'une telle mutation. À ce titre, il constitue un précieux manuel de la transformation digitale de l'entreprise leader. Au-delà de sa relation avec les start-up, la réponse du champion établi passera avant tout par la plateforme. Cela demandera le respect d'un calendrier rigoureux et un plan de marche qui impliquera la mobilisation de toute l'entreprise. La plateforme sera l'outil le plus à même de renforcer le lien, quelquefois distendu, avec son client. Cette généralisation de la nouvelle économie ne concerne pas que le monde des entreprises. Elle confère au numérique une dimension géopolitique et impérialiste que les États-Unis et la Chine ont déjà comprise, à l'inverse de l'Europe et de la France, bien trop en retrait. 
Esquisser à grands traits une voie européenne et française numérique est donc l'autre enjeu de ce livre particulièrement stimulant.

Les Clés de la puissance, Avril 2015


http://www.sudoc.fr/185187854
La 4e de couv. indique :
Dans cette deuxième phase de la mondialisation qui commence, les rapports de forces internationaux obéissent moins à des règles de confrontation politico-militaire qu'à des règles de compétition économique. Dans ce nouvel environnement, se dégage un partage du monde sino-américain, qui congédie l'idée d'hégémonie si présente au siècle précédent. Le présent livre s'attache à montrer sur quoi se fonde la co-domination mondiale de la Chine et des Etats-Unis, et pour quelles raisons elle n'est pas prête de finir. Tandis que la Chine continue sa progression sans relâche, que les Etats-Unis se recentrent sur leurs forces, les autres grands émergents ne tiennent pas leurs promesses : la Russie s'isole, le Moyen-Orient s'enferre et le continent africain ne voit aucun futur géant éclore. Seule l'Europe pourrait s'imposer comme troisième puissance, mais elle ne cesse de reculer, entraînant la France et l'Allemagne dans un gâchis qu'il est encore possible d'éviter. En explorant avec attention cette ample transformation mondiale en cours, aidé d'une lecture historique originale des équilibres mondiaux et armé d'une solide expertise économique, Jean-Louis Beffa offre ici un essai d'une clarté rare, qui permet de saisir d'un seul regard ce qui est en train de se jouer sur le plan planétaire.
C'est un essai de géopolitique postulant que, dans un monde dominé par le duo américano-chinois, les quatre principaux facteurs de puissance sont :
  • l'industrie exportatrice, 
  • les nouvelles technologies, 
  • l'énergie et 
  • les capacités militaires.

Allemagne 2005

L'initiative régionale et fédérale d'encouragement à l'excellence pour la recherche et la science dans l'enseignement supérieur allemand (Exzellenzinitiative des Bundes und der Länder zur Förderung von Wissenschaft und Forschung an deutschen Hochschulen) est un programme de financement de la recherche scientifique lancé en 2005.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_d%27excellence_allemande


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Un commentaire du rapport Beffa de Janvier 2005.

Le rapport Beffa pour une nouvelle politique industrielle
Nous ne résumerons pas ici le rapport. Il est facilement lisible et complété d’annexes très bien faites qui éclairent les lecteurs mal informés de certains aspects techniques.

La première partie fait un état des lieux, qui est très alarmant. Elle comporte :
– La présentation du décrochage de la France dans les secteurs des industries à forte compétence technologique et des graves conséquences qui en résulteront pour l’avenir
– L’analyse de ce phénomène, tenant au fait que les investissements publics en R/D ne se sont pas redéployés des secteurs traditionnels vers les secteurs émergents et que les investisseurs privés ne s’y intéressent pas compte tenu des risques.
– Le rappel des politiques suivies par les Etats-Unis et le Japon, où la puissance publique, sous des formes différentes, joue un rôle essentiel dans le financement de la R/D dans les hautes technologies.
– L’appel au renouvellement des politiques industrielles par la mise en place de programmes mobilisateurs ciblés.

La deuxième partie définit le cahier des charges de ces programmes, dénommés Programmes Mobilisateurs pour l’Innovation Industrielle (PMII).
– Il faut produire pour un marché potentiel suffisant, viser des cibles à fort potentiel technologique, associer industriels et acteurs publics (y compris au niveau européen) et s’inscrire dans le moyen-long terme.
– Il faut afficher des critères de sélection clairs mais révisables
– Il faut enfin retenir un certain nombre de domaines jugés prioritaires, dont le rapport donne de nombreux exemples.

La troisième partie précise les modalités de mise en œuvre des PMII
– relations contractuelles et financières souhaitables entre les acteurs publics et les agents économiques au sein des PMII.
– Statut, mode de fonctionnement et budget de l’Agence pour l’Innovation Industrielle qui sera chargée de coordonner cette mise en œuvre.

La quatrième partie enfin fait différentes propositions relatives à la mise en compatibilité de cette politique et de ces structures juridiques et administratives nationales avec les différents programmes européens existants ou à prévoir visant à encourager l’innovation, que ce soit dans les entreprises ou dans les établissements de recherche et universités. Une coopération avec l’Allemagne est particulièrement envisagée
On trouve dans cette dernière partie une liste de PMII souhaitables qui fait un peu double-emploi avec la liste des domaines présentée précédemment.

Le rapport est disponible depuis le 18 janvier sur le site de la Documentation Française http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000044/0000.pdf


Commentaires



On peut difficilement dissocier le contenu proprement dit du rapport et la réflexion plus générale concernant la possibilité non seulement pour la France mais aussi pour l’Europe de rattraper son retard dans les sciences et les technologies que nous disons aujourd’hui de souveraineté.

Origine du rapport


Le rapport est né d’une véritable révolte individuelle, celle de Jean-Louis Beffa, patron de Saint Gobain, confronté à la dégradation du rapport de forces entre les fleurons de l’industrie française et leurs concurrents américains et japonais. Cette situation avait été aperçue depuis quelques années et avait fait l’objet de divers rapports et propositions. On avait dénoncé la désindustrialisation croissante de la France. Mais le milieu politique et même le milieu patronal français restaient, dans l’ensemble, indifférents.

L’indifférence des décideurs face à la désindustrialisation réelle ou supposée tenait et tient encore aux convictions que la « pensée unique libérale » a réussi à ancrer dans leur esprit. La première est que la désindustrialisation est le résultat inévitable de la mondialisation et qu’elle ne présente pas que des inconvénients. La concurrence d’entreprises étrangères généralement multinationales produisant à bas coûts dans les pays émergents est globalement une bonne chose pour les économies européennes car si l’emploi en souffre, les entreprises de distribution et la spéculation financière en profitent. La seconde de ces convictions est que, si les entreprises veulent s’adapter, elles doivent trouver en elles-mêmes les ressources de l’amélioration de leur compétitivité. Pour cela, elles doivent réduire leurs coûts de production, notamment par les baisses de salaires et la délocalisation des sites productifs. Les Etats en tous cas ne doivent pas intervenir car étant soumis aux aléas de la vie politique, ils ne peuvent pas concevoir et moins encore appliquer sur le long terme de bonnes politiques économiques. Le « dirigisme » qui avait réussi à la France jusqu’aux Trente Glorieuses n’est plus adapté à la mondialisation.

Il faut s’interroger sur les raisons qui ont fait de cette doctrine de la démission une croyance généralement partagée en Europe, que ce soit à droite ou à gauche. Elles sont complexes.
La première est que certains secteurs industriels ou commerciaux résistent bien à la mondialisation, parce qu’ils disposent d’une véritable « puissance installée ». C’est le cas des services financiers ou de l’agro-alimentaire.
La seconde est bien plus pernicieuse. Elle tient à l’influence de ce qu’il faut bien appeler le formatage des esprits par la propagande américaine, sur le modèle du « faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais ». Les Etats-Unis ont de tous temps consacré des budgets fédéraux considérables, doublés d’appuis politiques et diplomatiques, à leurs industries de pointe, civiles et militaires. Depuis la Seconde guerre mondiale ils ont cependant expliqué au reste du monde, avec le relais du FMI et de la Banque Mondiale, que les Etats ne devaient pas s’occuper de politique industrielle. Seule la France, du temps du Gaullisme n’avait pas accepté ce discours. Elle en recueille les fruits aujourd’hui, avec les quelques partenaires qui avaient accepté de s’associer à elle, dans le nucléaire et l’aérospatial civils et militaires. Mais loin de voir cela, les défenseurs de la non-intervention de l’Etat voudraient aujourd’hui ouvrir à la concurrence internationale, c’est-à-dire à la concurrence américaine, ces bastions de résistance protégés par des restes de politiques régaliennes. On sait que s’il n’y avait pas eu la volonté personnelle de Noël Forgeard, les actionnaires publics et privés de Airbus auraient été à deux doigts de renoncer au lancement de l’A380, estimé non rentable(1).

Si le dogme libéral que les Etats-Unis veulent imposer à l’Europe y trouve de tels appuis malgré son inadéquation, c’est pour une troisième raison, qui relève véritablement du domaine de la politique politicienne. L’intervention de l’Etat, s’appuyant en grande partie sur les services publics et l’administration, a toujours été ressentie par le patronat traditionnel, en France et en Europe, comme inspirée par la doctrine socialiste, voire communiste. Les échecs du communisme soviétique ont servi de prétexte à rejeter tout ce qui de près ou de loin ressemblait à des politiques industrielles et économiques. La défense des services publics menées aujourd’hui par les syndicats ouvriers et la gauche est présentée comme la défense d’avantages acquis ne se justifiant plus. Il faut laisser le champ libre à la spéculation internationale, seule source d’enrichissement. Or il s’agit d’une politique à long terme suicidaire pour les patronats européens. Ils s’imaginent sauver leurs pouvoirs en se faisant racheter par des concurrents étrangers plus puissants ou par des fonds d’investissements . Mais c’est pour très vite découvrir qu’ils sont alors vidés de l’intérieur et ne sont plus que des coquilles creuses. C’est le sort de Péchiney racheté par Alcan. Ce sera celui de Marionnaud et de bien d’autres. C’est aussi le sort de nombreuses anciennes entreprises collectives de l’Europe de l’Est, vendues par appartement.

Mais il faut ajouter une raison peut-être encore plus grave à l’indifférence sinon à l’hostilité des milieux politiques et économiques européens à la mise en place de politiques industrielles publiques. Elle relève vraiment de ce que l’on pourrait appeler la cécité, sinon la bêtise, impardonnable quand elle atteint les décideurs de grandes nations. Beaucoup de ceux-ci n’avaient pas observé la montée des sciences et technologies émergentes. Ils n’avaient pas vu non plus la puissance que celles-ci conféraient aux entreprises et aux Etats qui, comme en Amérique et au Japon, en faisaient la priorité de leurs investissements. Ils n’avaient pas compris enfin que ces investissements ne peuvent pas être laissés à la responsabilité des entreprises, vu les coûts à consentir et la complexité des stratégies à élaborer. Le réveil s’est produit il y a seulement quelques années, sinon quelques mois. Nous pouvons d’ailleurs nous féliciter d’y avoir contribué, en ce qui concerne la France.

Ajoutons que dans ce pays, le mouvement des chercheurs de l’année 2004 a joué un rôle important pour la prise de conscience du risque mortel pris à négliger la recherche dans les sciences émergentes. Nombre de scientifiques enfermés dans les disciplines traditionnelles n’avaient pas perçu la montée des nouvelles sciences. Quand ils se sont réveillés, ils ont constaté la fuite des étudiants et des idées vers les pays non européens où des politiques publiques claires encourageaient la recherche publique, qu’elle soit appliquée ou fondamentale.


Un début de réveil politique


On peut penser que Jean-Louis Beffa, pour ce qui le concerne, a très tôt refusé le discours démobilisateur et s’est convaincu de la fausseté des arguments poussant un grand industriel comme lui à accepter la dégradation de la compétitivité de nos industries. Mais dans le même temps, un début de réveil politique s’est fait jour, en France et dans certains cercles européens. Les statistiques et rapports de l’OCDE et de la Commission européenne ont montré que l’Union est loin de répondre aux objectifs ambitieux dits de Lisbonne. Les industries, faute d’investissements dans les technologies innovantes, sont en train de perdre pied dans les marchés mondiaux porteurs. Les inquiétudes des organisations syndicales et de l’opinion ont fini par remonter jusqu’aux hommes politiques. Face à la faiblesse de la croissance, aux délocalisations et aux achats des PMI de haute technologie par des fonds de pension américains, notamment dans les secteurs stratégiques et de défense, le discours sur l’impuissance de la puissance publique n’apparaît plus tenable.

Une circonstance favorable supplémentaire a joué, pour ce qui concerne la France et l’Allemagne. La volonté personnelle des deux chefs d’Etat a joué un grand rôle. Bien que provenant d’horizons politiques différents, il leur fallait renouveler les programmes politiques de leurs majorités, face à la stagnation de l’économie et de l’emploi. Jacques Chirac, pour ce qui le concerne, est très au fait de l’histoire du Gaullisme et des succès rencontrés jadis par un interventionnisme public bien ciblé. Il n’avait pas au début de son septennat montré beaucoup de volontarisme dans le domaine de la politique industrielle et scientifique. Cependant, plus que d’autres personnalités de la majorité (et même de l’opposition) il a pris récemment conscience qu’il disposait là d’un créneau très favorable lui permettant de se distinguer en proposant au pays de véritables objectifs de redressement, plutôt que de vagues intentions relatives à la réduction de la fracture sociale et aux réformes.

L’histoire dira comment les deux hommes, Jean-Louis Beffa et Jacques Chirac, se sont rencontrés. Mais les preuves sont là. Avant même que le rapport ait été officiellement déposé, le Président, avec sa rapidité habituelle, a pris à son compte les grandes lignes du rapport lors de la présentation des vœux. Aujourd’hui, la mise en place de l’Agence de l’innovation industrielle proposée par le rapport est prévue pour juin 2005 et Jean-Louis Beffa devrait être nommé à sa tête. Ce serait une juste reconnaissance de ses mérites. Aussi bien, avant que l’Agence ne se mette au travail, il est important d’apprécier la stratégie proposée par le rapport Beffa. Nous n’allons pas ici reprendre à notre compte tout l’argumentaire qui y est présenté, pour une raison simple, c’est qu’il nous a parfaitement convaincu et qu’il vaut mieux laisser parler les auteurs du document. En revanche, comme la mise en œuvre du rapport risque de se heurter à de nombreuses difficultés, compte tenu des obstacles et hostilités que rencontre toute grande politique de ce type, il faut essayer d’y réfléchir à l’avance.


Des difficultés pouvant naître de points non traités au fond par le rapport.


Ces difficultés risque de se poser rapidement. Il conviendrait donc de réfléchir dès maintenant aux solutions permettant d’y porter remède. On distinguera les questions de coordination stratégique et les difficultés quotidiennes de gestion.

1. Peut-on faire l’impasse sur la R/D liée aux industries civiles et militaires de défense?
Le rapport a décidé de ne pas en traiter. Il s’agit selon nous d’une grave erreur. Aussi bien au plan national qu’européen, les recherches amont dans les technologies émergentes seront nécessairement « duales ». On en a un exemple éclatant avec le programme européen Galiléo. Accepter que celui-ci soit développé pour des applications uniquement civiles, comme l’ont exigé les Américains qui veulent se réserver le monopole du GPS dans le militaire, équivaut à un « sabordage », selon les termes d’un article de Jean-Pol Poncelet, directeur à l’Agence Spatiale européenne (Le Monde du 11 janvier 2005). Refuser l’approche globale, qui fait la force de l’innovation aux Etats-Unis, risque de créer des doublons ou, plus grave, de laisser s’installer des lacunes. Mais la coordination est difficile, et nécessite des organismes acceptant d’une part de coopérer et d’autre part, de respecter leurs compétences respectives.

2. Peut-on faire l’impasse sur la R/D liée aux programmes des agences européennes existantes, les plus importantes étant l’Agence Spatiale Européenne, le CERN et l’ESO ? Exclure les domaines de l’espace et de la physique des hautes énergies, qui devraient être de plus en plus importants en termes de priorités stratégiques et de budgets, ainsi que de retombées industrielles, serait grave, pour raisons identiques à celles invoquées au paragraphe précédent. Où se placeront par ailleurs, dans cette hypothèse, les programmes financés par les agences nationales, comme le CNES.

3. Comment assurer des relations efficaces entre la recherche industrielle et la recherche publique fondamentale et appliquée ? Le rapport n’esquive pas cette question, qui constitue même un des points essentiels de ses propositions. Mais il n’est pas certain, à la vue notamment des réactions sceptiques du milieu scientifique, que les solutions proposées soient suffisantes. La recherche publique a des implications constantes en matière de R/D industrielle. C’est ce que montre par exemple les développements du pôle Micro et Nanotechnologies à Grenoble ou du Génopole à Evry. La question de la coordination entre recherche scientifique conduite dans les organismes de recherche et les universités et la recherche industrielle est posée en permanence et sans grands résultats depuis les années soixante. Différentes formules ont été envisagées. Aujourd’hui, on encourage la formule des pôles géographiques d’excellence ou de compétitivité, associant la recherche publique et les entreprises. C’est notamment ce que propose le rapport. Mais il semble que cette formule intéresse plus particulièrement les PME/PMI. Elle ne résout pas nécessairement la question de la recherche dans les grandes et très grandes entreprises. Celles-ci, d’une part, les grands laboratoires publics d’autre part, trouveront-ils moyen de coopérer à travers le système proposé des PMII, dont le budget ne sera alors pas suffisant ?

4. En dehors de problèmes de coordination au sein des pôles de compétitivité se posera la question de la coordination entre les agences en cours de création, l’Agence pour l’innovation industrielle et l’Agence Nationale de la recherche prévue par le ministère de la recherche. Un autre problème de coordination apparaîtra, quand il s’agira de réfléchir aux besoins stratégiques et de proposer (ou réviser) les orientations à long terme. L’Agence pour l’innovation industrielle ne pourra pas faire cavalier seul par rapport au Haut-conseil pour la science, également envisagé actuellement en France et à l’European Research Council, demandé par tous les chercheurs et par les responsables des PCRD à Bruxelles.

5. Evoquons enfin pour mémoire la question des relations avec les organismes de recherche et de développement dépendant de l’Union européenne. Elle est évoquée dans le rapport, mais cela semble fait plus par acquis de conscience que pour satisfaire à un besoin stratégique profond. Il s’agira en fait d’un point essentiel si on veut que le renouveau des industries à hautes technologies en France s’inscrive dans l’indispensable renforcement de la souveraineté scientifique et technologique de l’Europe. Nous n’en discuterons pas ici mais il faut garder en tête l’importance d’apporter très vite des perspectives à nos partenaires européens et à l’Union dans ce domaine.


Des difficultés pratiques à prévoir


1. La continuité de l’action. Comment un organisme rattaché au Premier ministre pourra-t-il disposer de l’autonomie nécessaire pour survivre aux changements de chefs de gouvernements ou aux conflits éventuels avec le président de la République. Ne faudrait-il pas lui donner plus d’indépendance ? Mais de quelle façon ? Une Haute Autorité ?

2. Les relations avec les organismes existants : l’ANVAR-CGPME, le ministère de l’industrie, celui de l’éducation-recherche, certains ministères techniques. Il faudra à la fois respecter les compétences de chacun et veiller à leur mise en synergie. En cas de conflit, qui arbitrera ? Le Premier ministre ?

3. La continuité ou, pour mieux faire, la croissance régulière des ressources budgétaires ? Qui aura le dernier mot en ce domaine ? Le ministre du budget ?

4. Les relations immédiates avec les autres pays européens, par exemple avec l’Allemagne. Sous la tutelle de qui seront-elles placées ? Le ministère des affaires étrangères ?


Conclusion intérimaire


Le rapport Beffa et les décisions qui seront prises en application de ses propositions dans les mois suivants constituent un bon pas en avant. Il ne faudrait surtout pas enterrer cette nouvelle démarche sous les difficultés administratives et les conflits d’intérêts personnels et économiques. Mais il ne faudrait pas se satisfaire de ce premier pas. Le problème de la construction de la souveraineté scientifique et technologique de l’Europe reste entier. C’est principalement dans ce cadre que pourront apparaître des industries nationales plus compétitives, maîtrisant les technologies de pointe. Etablir de nouvelles propositions dans cette perspective, sur un plan et dans une perspective véritablement commune à l’Europe des 25, devrait constituer la priorité de l’année 2005 et du futur septennat.


Ce qui manque au rapport ?


Nous dirions que manque un grand souffle épique. L’expérience récente du double succès européen, avec l’atterrissage sur Titan de la sonde Huygens et le lancement du premier Airbus A380 montre que les médias et sans doute aussi les populations dans leur ensemble sont et seront très sensibles à tout ce que l’Europe pourra faire de prestigieux et de noble dans les domaines de la recherche scientifique et de la technologie. Le président de la République l’a d’ailleurs semble-t-il bien compris en adoptant des propos d’une ambition inhabituelle lors de son allocution prononcée à Toulouse le 18 janvier.

Mais le scepticisme, la morosité reviendront très vite. L’opinion rangera la nouvelle politique parmi les multiples promesses faites et non tenues. Même si des experts ou responsables de projets se donnent beaucoup de mal pour avancer, nul n’en saura rien. Le champ sera de nouveau libre pour les critiques, c’est-à-dire aussi pour ceux qui veulent faire le lit des impérialismes économiques et industriels extra-européens.

L’équation économique et politique à résoudre est simple. Pour relancer l’innovation industrielle, scientifique, culturelle, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Il faut aussi beaucoup d’enthousiasme. L’un et l’autre ne viendront pas de nulle part, mais seulement des sacrifices que les citoyens et les entreprises accepteront de consentir, en prélevant sur leurs consommations matérielles et leurs ressources intellectuelles et affectives.
Pour cela, il faut qu’ils puissent se voir proposer de grands objectifs, où ils auront un investissement personnel à faire et même des rôles concrets de plus en plus grands à jouer.

Ces grands objectifs doivent être visualisables et identifiables. Il faut, comme le font les grands programmes spatiaux, qu’ils s’accompagnent d’un immense appel à l’imaginaire. Il faut aussi qu’ils s’accompagnent de débats et fassent appel aux apports de chacun, notamment des populations scolaires et universitaires.

Ceci même et à plus forte raison si les thèmes paraissent très techniques. On voit comment les biocarburants, les énergies renouvelables ou la robotique intelligente sont devenus dans d’autres pays de véritables objectifs de civilisation, provoquant une implication générale de nombreux citoyens, notamment de jeunes. Il faudra faire la même chose en France. Nous en reparlerons.


Note


(1) On présente systématiquement le prétendu échec du Plan Calcul (1967-1973) comme preuve de l’incapacité de l’Etat à définir des politiques viables dans les hautes technologies. Mais c’est oublier que le Plan Calcul aurait réussi si les gouvernements ayant succédé à ceux de De Gaulle et de Georges Pompidou n’avait pas sciemment cédé à la pression du patronat français traditionnel qui refusait toute innovation technologique. L’entreprise européenne Unidata qui était le produit du Plan Calcul, si elle n’avait pas été sabordée par le retrait de la France, serait sans doute aujourd’hui l’équivalent d’Airbus.

Friday, January 11, 2013

Après la remise du Rapport sur les Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche: 17 dec 2012 puis loi mars 2013

Les assises puis la remise du Rapport Berger le 17/12/2012, et après?



Le Président de la République a reçu aujourd'hui le rapport concluant les Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il lui a été remis par Françoise Barré-Sinoussi, en présence de Vincent Berger, rapporteur général (et Pd université paris diderot), de l'ensemble des membres de ce comité et de Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche.

Ce rapport contient des propositions importantes pour la réussite des étudiants, pour donner une nouvelle ambition pour la recherche, redéfinir l'organisation territoriale et nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche et mieux valoriser l'activité des personnels.

Sur la base de ce rapport, le Président de la République a demandé à Geneviève Fioraso de préparer un projet de loi articulé autour de quatre objectifs : mieux assurer l'insertion professionnelle de tous les étudiants ; simplifier l'organisation de la recherche et de son évaluation ; faciliter le décloisonnement entre grandes écoles, universités et organismes de recherche ; concilier efficacité et collégialité dans les instances universitaires.

Ce projet de loi sera soumis à consultation dès la fin janvier dans la perspective d'une présentation en Conseil des ministres au mois de mars 2013.



Ref: http://www.assises-esr.fr/l-actualite/communique-rapport-sur-les-assises-de-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche

Ici juste qq extraits du Rapport Berger:

à la page 34 sur les 88pages

54 Construire un agenda stratégique sur les grands enjeux de société et mobiliser les organismes de recherche, les universités, les collectivités territoriales, les entreprises et la société civile autour de cet agenda. Nous proposons que les Alliances, qui jouent un rôle important d’échange, de coordination et de partage des stratégies, ne deviennent pas des organismes de plein exercice, mais restent des structures légères, sans personnalité morale mais avec une mission claire: l’échange et le partage des stratégies entre les différents acteurs, la force de proposition dans la construction de cet agenda stratégique. Les modalités de participation aux Alliances des universités et écoles devraient être reconsidérées de manière à leur permettre de jouer pleinement leur rôle au sein des Alliances.

55. Clarifier les missions des Alliances,  qui doivent demeurer des structures légères , sans  personnalité morale et sans dotation propre .  Mieux intégrer les universités et les écoles  au sein des Alliances.  Nous avons la chance d’avoir dans ce pays un potentiel de recherche tout à fait exceptionnel. Nous  avons la chance d’avoir tout d’abord un organisme de recherche  pluridisciplinaire  d’exception : le CNRS.  Le CNRS couvre pratiquement tous les champs de la connaissance, au plus haut niveau.  Le CNRS dépose  plus de 400 brevets chaque année, ses recherches mènent à la création de plus de 60 entreprises  innovantes par an, il jouit d’une attractivité internationale exceptionnelle, il mène des recherches  fondamentales tous azimuts. Il a le potentiel unique pour entreprendre des recherches interdisciplinaires,  en réunissant des chercheurs aux champs de compétence les plus divers, pour s’attaquer aux grands  problèmes de notre temps, aux problèmes globaux et complexes. L’interdisciplinarité se construit à  partir de disciplines fortes, le CNRS développe ces disciplines fortes, avec ses 10 instituts couvrant les  différents domaines du savoir.  La pluridisciplinarité est la grande force et la grande spécificité du CNRS,  la caractéristique qui lui donne un potentiel unique pour appréhender des grands enjeux contemporains.  Le CNRS s’est ces dernières années rapproché avec volontarisme des universités, prouvant par là que la  césure entre l’enseignement supérieur et la recherche françaises , césure que d’aucuns trouvaient  fortement préjudiciable, était en voie d’être résorbée.  La France a également la chance de compter d’autres organismes de recherche dans des domaines plus  spécialisés. Le CEA occupe un rôle majeur sur l’ensemble des sujets liés aux énergies, su jet primordial s’il  en est, il possède une culture de la recherche technologique  et une culture de l’innovation  au plus haut  niveau mondial, une expérience dans la mise en œuvre de la recherche translationnelle du fondamental  à l’application industrielle sans équivalent , et anime des partenariats très nombreux avec les entreprises,  35 y compris les PME ou ETI .  L’IFPEN, dont 45% des ressources provient de la valorisation industrielle de ses  recherches,  joue un rôle  complémentaire  dans le domaine des énergies,  du transport et de  l’environnement .  L’INSERM  mène des recherches fondamentales dans les domaines de la biologie  humaine  et  de  la santé ,  il est également présent dans toute la chaîne de la connaissance depuis la  recherche fondamentale jusqu’à la recherche translationnelle ; il  noue des partenariats avec des centres  hospitalo universitaires (pour 80% de ses implantations), avec l’Institut Pasteur, l’Institut Curie ou le  CNRS , avec les entreprises du secteur bio médical. Les autres domaines de la recherche et de l’innovation  bénéficient aussi de la présence d’organismes nationaux capables d’embrasser l’ensemble de la  discipline de l’amont à l’aval : l es sciences et les technologies du numérique avec l’INRIA, l’agriculture et  l’alimentation avec l’INRA et aussi le CIRAD ,  l’environnement et l’agriculture avec l’IRSTEA,  l’aéronautique et le spatial avec l’ONERA et le CNES ,  les sciences de la terre avec le BRGM,  la mer et son  exploitation avec l’IFREMER , le génie urbain, l es transports, les infrastructures avec  l’ IFSTTAR , e tc. Ces  organismes ont des capacités exceptionnelles pour nourrir des résultats de leurs travaux l’ensemble des  écosystèmes dynamiques réunissant les acteurs de la recherche dite fondamentale, de l’innovation, de la  technologie, dans un domaine donné. La France peut aussi s’enorgueillir des résultats d’écoles ou  d’Instituts de recherche extrêmement prestigieux de par le monde, tels que l’Institut Pasteur et son  réseau international par exemple ou encore le réseau des Ecoles Françaises à l’Etranger pour les sciences  humaines et sociales , citons ici également les fleurons que sont les écoles normales supérieures, l’EHESS,  l’EPHE, le collège de France, etc .  Des établissements sont spécifiquement dédiés à la recherche pour le  développement tels que  l’IRD ou le CIRAD.  La France peut également être fière de sa recherche médicale  et clinique  – réputée dans le monde entier  – recherche qui s’effectue dans le cadre d’un partenariat  unique entre l’université et l’hôpital, que nous proposons de sécuriser (voir proposition  69 ) . Ces organismes de recherche et ces établissements déploient leurs forces dans  les universités et en  partenariat étroit avec elles. La puissance de recherche des universités, qui est considérable, est ainsi en  synergie avec celle des organismes, en particulier à travers les unités mixtes de recherche, qui sont les briques de base locales de la recherche. Dans le potentiel de recherche public français, l’université  représente 37% de l’effort, le CNRS 19%, les autres EPST 14% et les EPIC, dont le CEA, 23%.

remarque personnelle : le CEA pèserait plus lourd que le CNRS en recherche civile!!!
1/Les faits: le budget CEA 2011, Civil: ressource =2.512 Md€, dépense =2.555;  Défense: ressource =1.692 Md €, dépense =1.617.  La subvention d'état pour CEA est  de 2.678Md€.
Pour le CNRS le montant total de recettes et de dépenses de 3.204 Md€ (en augmentation de 2,8% par rapport à 2010) et au sein de ce budget, le financement sur subvention d'Etat s'élève à 2.527 Md€.
2/Il y a donc une erreur de comparaison. On ne doit comparer que les fonctions d'Etat comparables.
3/Correction de l'erreur de comparaison: on doit rester dans le cadre du BCRD (Budget civil de recherche et développement) pour comparer. 
Pour le global on a donc in fine pour la recherche civile:
le rapport CEA/CNRS est donc = à 2.555/3.204.
Au delà de ces émiettements de la recherche civile en une 30aine d'organisme, la véritable question est le montant et % du BCRD pour un état comme la France: au palmarès mondial de l’OCDE, la France est au-delà du 26ème rang!!!
La dernière étude de l’OCDE sur la recherche (Principaux indicateurs de la science et de la technologie, Volume 2011/1),  est facile à lire. Par exemple, à la page 19 figure un graphique (le troisième de la page) où sont classés 32 pays en fonction de leurs « Crédits de R-D civile en pourcentage du PIB » pour l’année 2010. Attention là aussi comparer est dangereux! Ainsi l’OCDE suit aussi d’autres pays, comme la Chine, la Russie, l’Afrique du Sud, Singapour ou Taipei, qui n’en sont pas membres. Pour ces derniers, il faudra calculer leur position à partir des données fournies par l’OCDE pour les « entre-classer » avec les pays de l’OCDE. Et très probablement au moins 2 d’entre eux se classeront avant la France. Donc résultat 28ème !
Cet indicateur du financement budgétaire civil, qui inclut du reste des aides au privé, n’est pas à confondre avec DIRD/PIB, pour lequel la France est 14ième au classement mondial.  La DIRD (dépenses intérieure de recherche et développement) inclut toutes les dépenses, publiques et privées, civiles ou militaires.
 Ref:
http://blog.educpros.fr/henriaudier/2011/08/28/budget-civil-de-la-recherche-au-palmares-mondial-de-l%E2%80%99ocde-la-france-est-au-dela-du-26eme-rang/
 voir aussi à la fin de cette partie ci-dessous...

L ’activité de recherche des entreprises  est essentielle pour le dynamisme économique du pays , même si  la totalité de leur recherche et leur développement est plus modeste, en pourcentage du PIB, que  dans  la moyenne des pays de l’OCDE. Cette insuffisance est due sans doute pour partie à la faiblesse de leurs  marges lorsqu’elles sont placées sur des secteurs très concurrentiels sur la scène internationale, mais  aussi beaucoup à un manque de culture historique de la recherche chez nos diplômés des grandes écoles.
 Remarque personnelle : cette analyse aurait été à croiser avec  le rapport Beffa de janvier 2005.

Nous avons néanmoins une recherche industrielle absolument remarquable  dans certains domaines. Les  secteurs les plus actifs sont ceux de l’informatique et l’électronique, les transports  en général  et  l’automobile en particulier , le domaine pharmaceutique, mais aussi la chimie, les recherches liées à  l’exploitation du pétrole  ou l’exploitation des  ressources naturelles . Certains laboratoires sont au top  niveau de la recherche, citons ceux de  Thales , EADS ou Safran ,  Stmicroelectr onics, Alcatel,  EDF ,  Schneider ,  PSA ou Renault, Michelin, Valeo,  Saint Gobain, Sanofi, L’Oréal, Air Liquide, Total. Il faut  ajouter à cela les milliers de jeunes pousses innovantes, de petites et moyennes entreprises innovantes,  dans l’industrie pharmaceutique encore, l’informatique et les services liés à l’informatique, l’édition et  l’audiovisuel ou les  activités scientifiques et techniques diverses (plus de 22 % de la recherche en  entreprise a lieu dans des entreprises de moins de 250 salariés, 7 % dans des entreprises de moins de 20  salariés) .  Nous avons donc quatre catégories d’acteurs : tout d’abord u n grand organisme « généraliste »,  pluridisciplinaire, ensuite des  organismes « spécialistes », maîtrisant toute la chaî ne de la recherche à  l’innovation et au transfert de manière pointue dans leur domaine, les entreprises et leurs laboratoires  et enfin d es universités et quelques écoles au sein desquelles recherche et diffusion du savoir sont  intimement liées.  Présenté ainsi , le dispositif de recherche français n’est pas si complexe, parce que nous  avons choisi  ici  une focale éloignée. La complexité extrême et dénoncée unanimement au cours des    36 Assises provient en réalité d’une synergie loin d’être parfaite entre  les acteurs de  ces quatre catégories,  et de la multiplicité d’autres structures à une plus petite échelle qui créent le « mikado » institutionnel. Nous y reviendrons à plusieurs endroits dans ce rapport,  qui contient  de nombreuses propositions ayant  pour but de simplifier et de créer les conditions de meilleures coopérations.  Faire coopérer ces quatre familles d’acteurs avec le maximum de synergie est une nécessité.  L’unité  mixte de recherche est  l’ un des éléments clefs  dans cette coopération . Il existe des unités mixtes de  recherche entre organismes et universités, mais aussi  entre public et privé .  Nous préconisons des  dispositifs  supplémentaires  pour faire coopérer ces différents acteurs. Tout d’abord, la mobilité des  personnels entre ces quatre mondes doit être encouragée : mobilité entre privé et public, entre  organisme de recherche et université, dans les deux sens. Il s’agira ici par exemple  d’inciter les  universités et les organismes de recherche à favoriser les carrières avec des périodes « chercheur » et  des périodes « enseignant chercheur »,  de  permettre des régimes intermédiaires.  On pourra développer  les dispositifs permettant les décharges d’enseignement (délégations, postes d’accueil temporaires,  dispositif IUF, etc. ) et réciproquement encourager les activités d’enseignement des chercheurs. Il  faudrait aussi valoriser les parcours mixtes « recherche publique/recherche privée ». Entre le public et le  privé, rien n’est plus bénéfique pour renforcer la coopération entre les entreprises et les laboratoires  académiques que d’encourager des échanges de chercheurs ou les mobilités entre les deux mondes,  pour des périodes de temps adaptées au projet.  La réunion de ces deux intelligences, celle de la  recherche académique et celle de la recherche orientée, est très fructueuse. En particulier, pour un  laboratoire académique, comprendre l’intelligence industrielle, la posture et la tournure d’esprit de  l’innovation, le souci de la brevetabilité ou du marché est absolument stimulant et enrichissant pour  toutes les recherches quelles qu’elles soient. L’encouragement de ces mobilités  est d’abord un travail de  simplification des tracasseries administratives ou de nettoyage des handicaps de carrières consécutifs à  ces mobilités.  
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58. Encourager tous les organismes de recherche, universités et écoles , à construire des  relations bilatérales et directes avec les acteurs du monde socio économique, en  particulier les PME /  ETI.

Les années passées ont vu  une idéologie libérale tenter d’être appliquée sur l’université. Le mot d’ordre  était non seulement la compétition, mais la concurrence entre les acteurs. Les équipes de recherche ont  été privées de crédits de fonctionnement de base, ont été mises en concurrence  dans le cadre d’appels à  projet systématiques . Nous recommandons un rééquilibrage entre les financements  de base et les  financements sur projets. De très nombreuses contributions aux Assises  sont allées dans ce sens . Il faut  réévaluer le financement de base  simplement  pour permettre à chacun de travailler : il est  économiquement douteux de rémunérer des chercheurs sans les mettre en situation minimale pour  produire. 

page 44:
Nous avons déjà proposé dans  ce document que les Alliances (voir proposition  55 ) soient des structures  de coopération légères. Plusieurs contributeurs nous  ont  en effet  fermement  mis en garde contre le  risque de faire naître de nouveaux organismes de plein exercice .
Une autre catégorie de propositions  consiste à affirmer le rôle de tutelle du Ministère de l’enseignement  supérieur et de la recherche sur les opérations d’enseignement  supérieur et de recherche  – le lecteur pardonnera le truisme. Cela concerne les écoles,  agences, diverses et variées : écoles d’architecture,  école polytechnique, écoles sanitaires et sociales , écoles d’agriculture, etc. Pour certains de ces  établissements, la cotutelle est exercée en principe mais le MESR est marginalisé dans les faits. Pour ne  prendre qu’un seul exemple  – mais il est emblématique  – , la proportion d’étudiants issus de l’école  polytechnique qui poursuivent une carrière militaire est devenue  totalement  marginale au XXIème siècle ,  et cet établissement est incontestablement l’une des écoles françaises à héberger sur son campus  d’excellents laboratoires de recherche et à prodiguer un enseignement au plus haut niveau,  enseignement par la recherche et par des chercheurs. Son positionnement  sous la seule tutelle du  ministère de la défense  est devenu incompréhensible aujourd’hui,  pour ne pas dire totalement  anachronique .  Ne nous arrêtons pas sur un symbole, le problème est général : de cette multiplication  des tutelles résulte un manque d’unité dans la construction de la stratégie générale  et une dissipation de  l’effort considérable. Les coûts de transaction dans le projet  de  Saclay illustrent ces difficultés.  Le mikado institutionnel désigne aussi, en effet,  le manque de coordination entre les politiques  publiques dans les différents ministères. Celles ci doivent être mises en cohérence en rendant effective la coopération interministérielle . Les différentes auditions par le comité de pilotage ont confirmé les  témoignages qui dénoncent les blocages multiples quand il ne s’agit pas d’oppositions peu constructives  entre les directions des ministères. Personne ne semble être en mesure finalement d’assurer un  leadership lorsqu’il s’agit tout de même de trancher.  Il  est donc urgent de  rendre effectif le principe de  l ’inter ministérialité permettant de décloisonner la politique globale de l’Etat en matière d’enseignement  supérieur et de recherche. 

77. Développer un système d’information pour améliorer la visibilité et la lisibilité du  dispositif ESR français à l’international et  pour mettre en œuvre  des outils de prospective .
Malgré l’investissement de la France  dans la recherche pour le développement (RpD), force est de  constater que là aussi le dispositif souffre d’un morcellement qui nuit à son efficacité. Les acteurs sont  nombreux : IRD, CIRAD, Instituts Pasteur, ANRS, ... Le besoin de coordination de la RpD a été maintes fois  exprimé. Ce constat de dispersion avait conduit à créer par décret, en 2010, l’Agence Inter établissements de Recherche pour le Développement, l’AIRD. Force est de constater qu’elle n’a pas été  en mesure de répondre à ce besoin de coordination.  Son positionnement à l’intérieur d’un des  établissements qu’elle est censée coordonner n’est sans doute pas idéal, ses moyens d’action, surtout  financiers, sont très limités.  
(...)
85. Limiter le nombre de types de structures de laboratoires pour aller vers quatre grands  types d’unités qui seront les briques de base du système de recherche français : les unités  de recherche (qui remplaceront les unités propres et les équipes d’accueil), les unités  mixtes de recherche, les unités mixtes internationales et les unités de service.

86. Remplacer  en deux ans un grand nombre d’entités existantes (labex, RTRA, GIS , equipex,  etc.), ayant toutes pour objectif de faire coopérer des équipes de manière transverse aux  unités de  recherche , par un seul outil coopératif type simple ,  léger et  sans personnalité  morale , doté d’un conseil scientifique et le cas échéant pédagogique : le Groupement de  Coopération Scientifique

87. Dans les universités, donner au conseil scientifique et au conseil de s études et de la vie  universitaire  – ces deux conseils étant placés  sous la responsabilité de vice présidents  dont l’existence sera inscrite dans la loi  – le pouvoir de décision sur tout ce qui relève de la  mise en œuvre de la politique scientifique et pédagogique, respectivement, à l’intérieur  d’un cadre stratégique et budgétaire fixé par le conseil d’administration. Instaurer un  dialogue formalisé entre le CA et ces conseils et une procédure paritaire pour traiter les  désaccords éventuels.  

Remarque personnelle: ayant été élu au CS d'une université de 13000étudiants  (2008-2012) et ayant combattu la perte de ce pouvoir de décision causée par les erreurs de la LRU, je ne me suis pas représenté... Ce point est crucial.

93. Transférer la responsabilité des actes de recrutement et de gestion des personnels  enseignants (dont  le droit de veto sur les recrutements) , actuellement exercée par le  Président , à une instance émanant du  conseil scientifique et du conseil des études et de la  vie universitaire en formation restreinte selon le corps concerné

page 57: idex
 Les idex, aujourd’hui, ont pour principal objectif d’aider les établissements à coopérer et à construire  certaines de ces grandes universités . Néanmoins,  les opérations idex ont  posé la question de l’équité  territoriale.  Ne furent labellisés en effet que huit plus deux projets : Bordeaux, Marseille, Strasbourg,  Toulouse, et quatre idex en Ile de France, auxquels il faut ajouter un cinquième parisien et Lyon,  ces  deux derniers étant  financés et en bonne voie pour être labellisés. Au regard d’indicateurs objectifs  convergents mesurant de différentes manières le potentiel scientifique (présence des organismes de  recherche, bilan des financements européens ou ANR, nombre d’IUF, classements internationaux divers),  l’absence de Grenoble et de Montpellier a de quoi surprendre . Leurs difficultés à répondre au cahier des  charges de la coopération expliquent ce résultat . En élargissant le cercle, et  en appréhendant  globalement  le sujet de l’aménagement du territoire,  l’absence de Nantes Angers Le Mans,  l’absence de  la Bretagne,  de Lille ,  de l’université de Lorraine, de  Dijon Besançon,  Nice, etc. , posent question.  En fait,  cette liste n’a pas de raison d’exclure qui que ce soit : les  opérations de consolidation d’ensembles  universitaires  concernent tout le monde, y compris ceux  qui n’ont pas été labellisés idex mais qui ne  doivent néanmoins pas être oubliés, parce qu’ils œuvrent aussi à la construction de grandes universités  avec  des potentiels de recherche  parfois  importants.  Le concept « d’équité territoriale » appellera un  véritable travail politique.  

page 62:
Comme nous le rappellerons en conclusion, l’effort de la France dans l’enseignement supérieur et la  recherche suppose un engagement financier important. La transparence est un élément capital, trop  d’effets d’annonce sur l’augmentation des budgets de la recherche ayant été contredits par les faits ces  dernières années.  Les promesses du précédent gouvernement ont été malheureusement non tenues car  les augmentations en trompe l’œil concernaient des plans campus en panne, des changements de  « périmètre budgétaire » et des jeux d’écriture sur le CAS pension, entre autres.  L ’évaluation de la masse  salariale , par exemple, doit désormais  inclure explicitement les coûts liés a u vieillissement des  personnels (GVT, évolution du CAS pension, etc.) .  L’attractivité des carrières des jeunes chercheurs et  enseignants chercheurs  est essentielle pour que la  France garde son rang dans le concert international de la recherche : pour cela les carrières doivent être  revalorisées. Les étudiants les plus brillants doivent être attirés par les laboratoires français .   

remarque personnelle: c'est le point le plus important en étant associé à une financement de base en % de son salaire et de ses articles Impact-factors et brevets valorisés.

Les  personnels BIATSS ou ITA sont autant concernés que les chercheurs par les questions d’attractivité, en  particulier à cause d es régimes indemnitaires parmi les plus défavorables de la fonction publique. S’il  souhaite renforcer les fonctions  de  soutien et  de  support dans les établissements, l ’Etat  doit  donne r les  moyens financiers aux établissements de résorber les décalages  entre grade et  fonction chez les  personnels BIATOSS et ITA, en grand nombre particulièrement da ns les universités depuis leur prise en  charge des responsabilités et compétences élargies.  Ce renforcement demande aussi des formations  professionnelles pour les personnels, à  développer dans le cadre des grandes universités ou par  l’intermédiaire de l’AM UE. D’autres moyens sont nécessaires pour  titulariser  les personnels techniques  et administratifs employés dans des contrats à durée déterminée, comme le prévoit la loi du 12 m ars 2012 , au tout premier chef ceux qui sont employés sur des fonctions pérennes .   

page 67:
Attribuer la moitié des  promotions localement et la moitié par le CNU pour les  personnels hospitalo-universitaires et rejoindre  ainsi  la pratique  concernant les autres  enseignants chercheurs .  

128. Modifier la composition des comités de sélection  en introduisant davantage de  pérennité pour assurer la continuité dans la politique des recrutements, davantage de  multidisciplinarité, davantage de parité hommes/femmes.
L ’habilitation à  diriger des recherches a également fait l’objet de nombreuses  critiques. Elle n’est qu’une  « super thèse » parfois, un simple recueil de titres et travaux dans d’autres cas, le format dépendant  beaucoup de l’université ou de la discipline. Elle n’exige jamais réellement de développement  permettant d’attester les compétences spécifiques liées à l’encadrement ou la direction  – en dépit de  nos espérances.  Elle est ainsi bien mal nommée.  On observe  statistiquement  que l’HDR accroît  l’inégalité  entre les femmes et les hommes. L’HDR empêche de reconnaître à sa juste valeur  le travail  d’encadrement de doctorants par les jeunes chercheurs , puisque ce travail doit rester en quelque sorte  clandestin : seul s les titulaires de l’HDR sont autorisés à encadrer. L ’HDR favorise  donc par là  le  mandarinat.  On atteint véritablement un  paradoxe  – à moins que ce ne soit pl us prosaïquement  l’hypocrisie  – lorsque dans certaines disciplines, il est pourtant communément admis qu’il faut avoir  encadré officieusement un doctorant avant d’êt re autorisé à soutenir son HDR ! Malgré toutes ces critiques à l’encontre de l’HDR ,  nous  avons  pris acte que s a suppression n’a pas fait  l’objet d’un consensus dans les deux ateliers où  elle fut débattue au cours des Assises nationales. Il est  vrai qu’elle est aussi un moment de bilan et de recul souvent profitable  à l’impétrant  quelques années  après un début de carrière.  Dans certaines disciplines , elle  bénéficie d’une reconnaissance incontestable .  Retenons en tout cas de cette polémique que  la réflexion doit se poursuivre sur les conditions  d ’encadrement des doctorants, conditions à mieux définir . Nous préconisons que tout docteur ayant  passé le concours de la fonction publique lui permettant d’être  enseignant chercheur ou  chercheur d’un  organisme de recherche puisse officiellement diriger  une thèse , ce qui permettra de réconcilier la  réglementation avec la pratique.  Dans tous les autres cas ( ingénieurs dans les  EPIC, chercheurs en  entreprise , etc. ) la direction de thèse  par un docteur  doit être validée par l’école doctorale.  


129. Permettre à chaque chercheur ou enseignant chercheur permanent titulaire d’un  doctorat de diriger une thèse .  

Nous avons déjà beaucoup évoqué l’importance des échanges internationaux. Pour  encourager l’arrivée  de chercheurs ou d’enseignants chercheurs étrangers dans des établissements français, les problèmes de  transfert des droits à la retraite devraient être traités.  Rappelons que la proportion d’étrangers parmi les  chercheur s recrutés au  CNRS dépasse 30%. De même à l’université , on compte  parmi les recrutements  externes de professeur s un tiers  d’ étrangers. Inversement, les auditions menées dans le cadre du  territoire international des Assises ont parfois souligné, pour les chercheurs et enseignants chercheurs  français effectuant un séjour à l’étranger une prise en compte insuffisante de la mobilité dans leurs  carrières.  

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page 74 Cette demande de budget pour l’enseignement supérieur et pour la recherche doit être argumentée , en  particulier à travers une comparaison entre la situation de la France et celle des autres pays.
Le  pourcentage de la dépense intérieure pour la recherche et le développement (la DIRD) par rapport au  Produit Intérieur Brut (PIB) constitue pour  cela un  indicateur de référence que nous avons déjà évoqué. Il  s’élève à 2,24% en France, décomposable en 0,83 % pour la dépense publique (la DIRDA) et 1,41 % pour la  dépense privée (la DIRDE) . Nous avons commenté la faiblesse de ce dernier chiffre  concernant l’ activité  de recherche et de développement des entreprises au cours de la discussion sur le Crédit Impôt  Recherche (voir proposition  57 ). Qu’en est il  maintenant  de la partie publique ?  Le rapport DIRD A / PIB est de 0,93 % en Allemagne,  autour  de 0,8% aux USA, au Japon , en Corée. Il  semblerait, en regardant ces chiffres  bruts , que la recherche publique soit correctement financée en  France. Pourtant, le  chercheur qui a l’habitude de comparer ses conditions de travail à celles de ses  collègues allemands, américains, japonais et coréens, constate que nos laboratoires sont pauvres par  rapport à ces compétiteurs.  Seoul National University compte 27 000  étudiants , tout comme l’université  Paris Diderot. Elle affiche un budget supérieur à 950 M$, entre deux et trois fois celui de son homologue  française ,  selon que l’on compte la  participation des organismes  de recherche  dans l’activité du campus .  L’Université du Wisconsin, Madison,  compte  42 000  étudiants pour un budget de  2,5Md$ . Les frais  d’inscription, présents en Corée ou aux USA, ne changent rien à l’affaire puisque l’on ne parle ici que des  dépenses, quel les  que soient les ressources des établissements , que ceux ci soient financés  indirectement par le contribuable comme en  France , ou directement par les familles à travers les  tuitions  fees , outre atlantique ou  au pays du matin calme. Nous avons volontairement choisi , dans cette  comparaison , des universités différentes des éternels modèles de Harvard ou de Stanford, des  universités figurant dans les classements internationaux à des places dans lesquelles les universités    75 françaises peuvent s’imaginer ( UW  Madison est  19 ème au classement de Shanghaï et SNU est 120 ème , tout  près de  Paris Diderot ). Cette différence entre les budgets des universités, différence d’un facteur entre 2 à 4 , a des conséquences considérables dans les capacités de recherche.  Elle handicape énormément nos  chercheurs.  On peut sans exagérer parler de pauvreté des  organismes et des  universités françaises, ce  qui en creux  permet d’admirer notre capacité à tenir notre rang en termes de Prix Nobel ou de médailles  Fields.  Comment expliquer ce hiatus entre ces dépenses similaires au niveau national (la DIRDA) et les réalités si  différentes de ce terrain ? Il s’agira là  encore une fois de sincérité budgétaire. Nous  prétendons que les  chiffres donnés ci dessus ne sont pas sincères parce qu’ils mesurent des périmètres différents .  Ils sont  donc  trompeurs . Ce n’est pas la masse salariale qui est en jeu : même si la recherche aux Etats Unis repose davantage sur  des post docs que sur des chercheurs permanents, la dépense n’est pas moins grande puisqu’un post doc  aux  Etats Unis gagne davantage qu’un maître de conférence en France.  La DIRDA française  regroupe des  dépenses plus nombreuses et plus diverses que dans les autres pays . Elle y intègre notamment les  dépenses de recherche militaire  publique et une partie des  recherches  liées aux  grands programmes  technologiques, en particulier  les transports,  le nucléaire et le spatial.  La France est l’un des rares pays  au monde où trois très grands programmes mobilisateurs, ambitieux mais budgétivores, sont menés  conjointement. Les Etats Unis réalisent la même performance, mais en utilisant une part notable du  budget militaire.  Les périmètres de calcul de la DIRDA sont  donc  différents d’un pays à l’autre , tels que l’attestent les  documents de l’OCDE. Par exemple,  les Etats Unis prennent très peu en  compte  dans la DIRDA  les  sciences humaines (loin d’être négligeables parce que toutes les dépenses de fonctionnement sont  concernées, y compris la masse salariale) et une proportion plus faible des recherches militaires,  davantage menées par l’industrie ; de même  la Grande Bretagne ne compte pas le nucléaire ; l’Allemagne a des dépenses de recherche militaire bien inférieures aux nôtres, et pas de nucléaire, etc.  Non que la recherche militaire, nucléaire ou spatiale ne soit pas de la plus haute importance en France,  elles constituent même une source d’innovation capitale pour notre économie et un élément essentiel  pour notre indépendance.  Les recherches dans ces domaines ne sont par ailleurs pas sans impact sur la  recherche en général.  Mais si l’on veut comparer l’effort des  différents  pays dans la recherche, il est  indispensable de comparer à périmètre égal. Si l’on retire le militaire et les grands programmes  technologiques, la DIRDA française descend à 0,55% du  PIB, de l’ordre de 0,3% de PIB en dessous des pays auxquels on entend se comparer.  Autrement dit, si la France souhaite maintenir à même hauteur  ces trois grands programmes dont personne ne nie l’importance, soutenir sa recherche fondamentale et  finalisée, et définir une ou deux nouvelles priorités,  c’est 1,1 à 1,2 % du PIB qu’il faut consacrer à ce  secteur . S ’ il n’est pas possible d’augmenter la DIRDA de 0,3 points de PIB instantanément – cela  représenterait 6Md€ de supplément  – ,  c’est  tout de même  là  un  objectif qu’il  nous  faut viser à terme  pour nous comparer aux pays que nous venons de citer.  Il n’y a dans ces propos pas grand chose de nouveau. Le fameux objectif dit de Lisbonne, qui demande  aux pays européens de consacrer 3% de PIB à la recherche et au développement, suppose en effet pour  la France un  effort simultané de la recherche privée (afin qu’elle dépasse le 1,41% actuel pour se  rapprocher de 2%) et de la recherche publique (afin qu’elle dépasse 1%). De tels objectifs ne peuvent  être atteints que progressivement, au moins sur une période de dix ans.  Mais ce n’ est pas tout. La DIRDA ne prend en compte qu’environ la moitié du budget des universités,  c’est à dire la partie recherche. Il reste la partie enseignement, pour laquelle, hors recherche, l’université  dépense de l’ordre de 6 000 € par étudiant. Pour soutenir les propositions présentées dans ce document,  il conviendrait d’augmenter progressivement cette somme à  9 000 € par étudiant  (pour les  établissements et hors allocation d’études)  pour  environ 2 millions d’étudiants  – à noter que même avec cela la France restera encore loin derrière les Etats Unis ou les pays nordiques.  Cela fait encore un effort  additionnel de 0,3% de PIB .  La situation économique de la France ne permet pas facilement cette progression des budgets de  l’enseignement supérieur et de la recherche. A moins que cela ne soit l’inverse.  Il  est  en tout cas  de  notre devoir de ne pas ignorer cette réalité.  Au total, nous estimons à 0,6 points de PIB – 0,3 points pour  la recherche, 0,3 points pour l’enseignement supérieur  – ,  l’effort nécessaire  afin de hisser  la France  au  niveau de pays dont la puissance économique est enviable.
134. Dépasser  à terme  0,85 % du PIB pour les dépenses de recherche publiques , hors militaire et grands programmes technologiques . Atteindre  ainsi  1,15%  du PIB pour le total  des dépenses  publiques  de recherche et d e développement .
135. Augmenter les budgets des universités progressivement  pour atteindre une dépense  de 9 000 € par étudiant, hors  dépenses de  recherche.  


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Et après ce rapport et cette remise de rapport...

qq avancées depuis cette remise et les belles paroles/promesses?

Deux jours à peine après la remise à François Hollande du rapport final contenant les propositions du comité de pilotage des Assises rédigé par V. Berger,  et ses conseillers présentaient les grands axes du projet de loi qu’ils sont en train de préparer « sur cette base ». À cette réunion, qui s’est tenue le 19 décembre 2012– sans aucun document écrit – avaient été conviées les organisations du supérieur (personnels et étudiants), et quelques rares syndicats des personnels des EPST (pas de représentants des personnels des EPIC ou des salariés de la recherche privée).
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Rappelons que les syndicats avaient longtemps demandé - mais en vain - que l’AERES, comme la loi le lui permettait, délègue au Comité National et aux autres instances scientifiques l’évaluation des unités de recherche. Mais, si le rapport Berger allait dans le bon sens, il n’allait pas jusqu’à préconiser la suppression de l’AERES.
Le ministère est allé "+ loin"  via l’annonce ministérielle du remplacement de l’AERES qui disparait!

A quoi sert de conserver l’ANR si elle n’a plus de rôle décisionnel dans la définition des priorités ? Pourquoi les financements ne sont-ils pas directement versés par le Ministère, sous forme de subvention budgétaire (et d’emplois de titulaires), aux établissements qui sont capables de mettre en œuvre les priorités retenues dans « l’agenda stratégique » et les contrats d’objectifs ?
Le MESR, ne veut supprimer ni les Idex, ni l’ANR, ni les Alliances, donc presque rien en fait de ce qui a été mis en place par les gouvernements précédents, que ce soit avec le « pacte recherche » de 2006 ou la LRU de 2007.
Pire, les ajouts les plus importants  permettront d’aller plus loin encore dans la mise en œuvre des politiques précédentes :  « compétitivité  », désintégration des organismes de recherche nationaux de plus en plus réduits à n’être que des « agences de moyens »…
--------------fin






Sunday, July 15, 2012

labex PRIMES

http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Fiches_Labex_2/62/2/PRIMES_207622.pdf

http://www.rhone-alpes-auvergne.inserm.fr/actualites/ialyon

Un labex est en fait une grosse ANR pluriannuelle et n'a rien n'a voir avec un labo hors les murs CNRS.

Le Labex PRIMES (Physique, Radiobiologie, Imagerie Médicale et Simulation), dont les porteurs sont : F. Peyrin* et D. Dauvergne (IPNL) regroupe 16 laboratoires du PRES de Lyon et de la région Rhône-Alpes Auvergne (UJF Grenoble et université de Clermont-Ferrand). C'est un projet multidisciplinaire qui vise à développer de nouveaux concepts et méthodes en radiothérapie, imagerie et en radiobiologie. Il est ciblé sur l’exploration, le diagnostic et la thérapie des cancers et des pathologies du vieillissement. Contact *Françoise Peyrin/ CREATIS Inserm U1044, CNRS 5220/INSA Lyon/Université de Lyon, ESRF, BP220, 38043 Grenoble Cedex. Directeur GDR Stic-Santé. En savoir plus 

De nouvelles techniques seront développées selon cinq axes stratégiques :
- radiothérapie, notamment en hadronthérapie (méthode innovante de radiothérapie pour
le traitement du cancer),
- techniques émergentes d’imagerie (spectral-CT ; phase-contrast imaging),
- radiobiologie (étude des effets biologiques des rayonnements sur les êtres vivants)
- nouveaux concepts en traitement d’image,
- simulation et modélisation en imagerie multimodale (utilisation de plusieurs techniques
d’imagerie, qui ont des résolutions spatiales et temporelles différentes, pour améliorer la
connaissance de la pathologie). 


PRIMES (Physics, Radiobiology, Medical Imaging and Simulation) has been selected as a French laboratory of Excellence (Labex) in 2012 (2nd year).

The “Physics, Radiobiology, Medical Imaging, and Simulation” (PRIMES) Laboratory of Excellence (LabEx) project is funded on a strong community with outstanding expertise in medical physics, radiobiology, medical imaging and computer science in Lyon and the surrounding Rhône-Alpes-Auvergne region. PRIMES will essentially provide human resources to create a shared research environment with enhanced international competitiveness and novel training opportunities. PRIMES will focus on the high- priority health problems cancer therapy and aging-related disease.

These life science-topics are supported by a strong network of initiatives of excellence, and on a number of existing imaging, computing and radiotherapy platforms.

PRIMES’s primary objective is to develop new concepts and methods for the exploration, the diagnosis and therapy of cancer and aging-related pathologies. This topic is by nature an interdisciplinary field. PRIMES will bring together the complementary skills of 16 recognized academic and medical partners with a long-standing experience to develop state-of-the-art methods, covering all necessary fields, from basic physics, instrumentation, radiobiology, data acquisition and processing, to image reconstruction, simulations and modeling supported by supercomputing.

Avalon will mainly contribute to the challenge of providing versatile and powerful computing platform for simulation. It will focus on innovative abstractions to gain in transparency, efficiency and security in particular with respect to new programming models, management of heterogeneous resources (GPU, clusters, grid, supercomputer, cloud, etc), scheduling, large-scale data management, and reliability.

http://avalon.ens-lyon.fr/news/labex-primes-has-been-selected